Compte-rendu du chat avec Stéphane Nadaud, pédopsychiatre, auteur d'une thèse sur l'homoparentalité
par la rédaction pour le réseau Gay.comFabien: Monsieur Nadaud, qui êtes-vous ?
Je suis médecin psychiatre spécialisé dans la psychiatrie de l'enfant. Ma thèse de
doctorat porte sur les enfants élevés par des parents de même sexe. J'ai 31 ans depuis
quelques jours.
Tugdual: Bon je me dévoue pour poser la question, êtes-vous gay vous même ?
La question m'a déjà été posée par des journalistes. J'ai comme ligne de conduite de
ne pas parler de mon orientation sexuelle, quelle qu'elle soit, parce que ce travail se
veut objectif et donc que ce que je suis en général, mis à part psychiatre, ne devrait
pas rentrer en ligne de compte.
Jungle: Avez vous eu des difficultés à écrire cette thèse?
Ca dépend ce qu'on entend par difficultés. Le professeur Bouvard, de l'université de
Bordeaux II, a d'emblée bien accueilli l'idée de ce travail. L'APGL (Association des
Parents et Futurs Parents Gays et Lesbiens), quoique très prudente au début, a
rapidement été convaincue par l'aspect scientifique et sans préjugé de ce que je leur
proposais.
youplaboum: D'où vous est venu l'idée de votre thèse ?
Du constat d'une sorte de paradoxe : dans les pays étrangers (Etats-Unis, Belgique,
Hollande, Angleterre), le nombre d'études sur les enfants élevés par les couples de
même sexe commence a être conséquent, et en France il n'y en avait pas une seule.
A côté de ça, le nombre d'intellectuels de tous horizons qui se sont penchés sur le
problème est très important. Il me semblait qu'il y avait une brèche à remplir.
Jungle: Combien de familles se sont prêtées au jeu ?
Il s'agit d'une étude avec des critères précis pour y participer. Mon étude comporte
58 enfants correspondant à une quarantaine de parents. Mais nous avions des critères
d'inclusion qui étaient que l'enfant devait être à la garde légale de son parent
homosexuel et vivre la plupart du temps avec lui.
Nous n'avons donc pas inclus les enfants de parents homosexuels qui ne vivaient pas
principalement chez eux. Le fait de mettre des critères un peu plus précis diminue notre
échantillon mais garantit qu'il est plus cohérent et les conclusions qu'on peut tirer de
l'étude en sont d'autant plus utilisables.
youplaboum: Est-ce vraiment la 1ere thèse en France sur le sujet ?
C'est la première thèse de médecine en France sur le
sujet. C'est la première étude de ce type en France, par contre il y a eu d'autres
travaux faits par des sociologues, des juristes, des anthropologues, dont certains dans le
cadre de travaux universitaires comme des thèses.
Jungle: Pensez-vous que le programme de psycho étudie assez le cas des homos? (outre
qu'en psycho patho)? :0)
"Psycho" est un terme un peu vaste. Il s'agit de quoi ? Psychiatrie,
psychologie, psychanalyse ? Il me semble qu'avec leurs spécificités, chaque matière
tente de comprendre les "spécificités" des homosexuels.
Quant à savoir si les programmes en parlent assez ou pas, la question serait plutôt de
savoir si ils en parlent correctement ou pas. En ce qui me concerne, en psychiatrie,
l'homosexualité ayant été enlevée de la classification internationale des maladies,
depuis il n'y a pas si longtemps que ça, la psychiatrie n'a pas vraiment de raison d'en
parler en tant que tel.
Marcus: Y-a t'il déjà une portée politique à votre travail? (consultation par des
députés, par exemple)
La médiatisation de ce travail s'est en fait plus fait sur l'article écrit dans Le Monde
que sur le fond de la thèse elle-même, que très peu de gens ont lu. A partir de là,
beaucoup de gens s'en sont emparés, tout autant des gens favorables à l'homoparentalité
que des gens fondamentalement hostiles.
Avec même des réactions extrêmement violentes voire insultantes de l'association de
Christine Boutin, qui, sans avoir lu le travail, le critique sur son aspect scientifique
et partisan.
Modérateur : Etes-vous sollicités par les médias depuis la publication de l'étude,
on vous voit rarement (jamais ?) à la télé ? - Pourquoi avez-vous accepté ce chat ?
Les demandes ont été très nombreuses, notamment la "sacro-sainte" télé. Je
tiens à présenter et à défendre mon travail dans un cadre qui le permette. Ainsi, les
débats polémiques et voyeuristes en face, par exemple, de gens passionnés et haineux,
ne serviraient pas laspect scientifique.
La raison pour laquelle j'ai accepté ce chat tient en sa durée. Je pense qu'en une heure
il est tout a fait possible d'expliquer ma démarche et mes résultats.
Marc : Ou peut-on trouver votre thèse ? sur le net ?
Non, pas pour l"instant. Parce que de cette thèse va probablement sortir un livre
grand public et un article spécialisé va paraître dans une revue de psychiatrie
présentant l'étude de manière scientifique. Après ces deux publications, je pense la
mettre d'une manière ou d'une autre sur Internet.
Christian et Marc: pères de cinq enfants, nous nous demandons si la vérité doit
être dite aux enfants et à partir de quel âge?
Un axe de réponse dans les résultats de mon étude : plus de 90% des enfants étudiés
sont au courant de l'homosexualité de leurs parents et celle-ci a été explicitement
dite.
Des travaux, américains notamment, sur l'annonce de son homosexualité à ses enfants
semblent être en faveur d'une annonce précoce. Il semblerait que l'adolescence soit la
période la plus difficile pour l'annoncer.
Je pense que toute tentative de verbalisation ne peut être que positive. Elle peut
éventuellement être accompagnée par d'autres personnes, professionnels ou non.
Jungle: Les conclusions de votre thèse montrent elles un développement normal de
l'enfant élevé par un couple homo?
Tout d'abord, l'étude porte sur 58 enfants, donc tout ce que l'on peut tirer de cette
thèse porte sur ces 58 enfants.
Ceci dit cette étude n'est pas la seule, elle vient à la suite d'un grand nombre qui
arrivent aux mêmes conclusions que moi.
Dans notre population, nous avons fait passer ce que l'on peut appeler des tests qui
visent à explorer, à regarder les comportements et les façons d'être des enfants.
Ces échelles sont validées scientifiquement et utilisées dans beaucoup de travaux
étudiant les enfants, elles nous permettent de connaître ces comportements, et
éventuellement de les comparer à ceux de la population des enfants en général.
Soyons clairs : nous n'avons pas fait une étude comparative. Nous nous sommes basés sur
des chiffres déjà connus pour la population générale. Une des conclusions de cette
étude est que ces enfants ne diffèrent pas fondamentalement de tous les enfants. Quant a
savoir si ils sont "normaux", c'est une autre question.
danyche: Ne pensez-vous pas que quand même, il manque quelque chose à ces enfants?
Regardez les enfants de divorcés qui pour certains sont perturbés...
Si on peut réfléchir en terme de manque, on peut aussi réfléchir en terme de plus.
La comparaison avec les enfants de divorcés est souvent faite. On compare même souvent
les enfants élevés en milieu homoparental avec les enfants élevés en milieu
monoparental.
Ceci dit, certaines études montrent que ces enfants étant dans des situations familiales
compliquées ne s'en sortent pas si mal que ça et peuvent même retourner la situation en
faisant preuve de capacités d'adaptation plus importantes.
Quant a savoir si il faut un père et une mère pour le bon équilibre de l'enfant, il
faut être bien clair : pour faire un enfant, jusqu'a nouvel "ordre" , il faut
du sperme et un ovule. Par contre, élever un enfant, s'en occuper, en prendre soin, ou
même le désirer dans le cadre d'un projet peut être l'affaire d'un homme, d'une femme,
de deux hommes, de deux femmes, d'un homme et d'une femme, voire même de plus de deux
personnes.
Confondre homoparentalité avec le fait de ne pas être élevé par un homme et une femme
n'a pas de sens. Je vous cite par exemple le cas de la co-parentalité, ou un gay et une
lesbienne décident ensemble de concevoir et d'élever un enfant, chacun s'en occupant.
Cet enfant a bien un père et une mère, et pourtant son père et sa mère sont
homosexuels.
Modérateur :Que pensez-vous des propos de Renaud Muselier et du problème du
référent qu'il soulève ? - Comment les enfants peuvent-ils trouver un équilibre sans
père ou sans mère ?
On met sous la notion de référent tout un tas de choses. Pendant longtemps, par exemple,
on a pensé que l'enfant tout petit ne pouvait avoir pour référent exclusif qu'une
femme. Certains travaux, certes controversés, expriment l'idée qu'un bébé, même tout
petit, a plus besoin d'un référent, c'est à dire de quelquun de constant, que
d'un homme et d'une femme.
Quant aux enfants élevés dans un cadre homoparental, peut-être que ce qui est
important, c'est que l'enfant soit désiré. C'est que les soins qui lui sont amenés
soient adaptés, c'est que l'image que ses parents, quels qu'ils soient, aient de lui soit
cohérente. Et c'est que cet enfant puisse repérer des adultes comme étant suffisamment
structurants.
La référence au masculin et au féminin peut probablement être trouvée dans le cadre
parental, dans un champ plus vaste, ce que les Américains appellent "the wider
environnement". Peut-être même qu'un homme peut tout a fait présenter des
caractéristiques féminines dont l'enfant va pouvoir s'emparer, et de même pour la
femme.
Quoi qu'il en soit, ce que j'essaye de vous dire, c'est que poser un dogme et appeler ce
dogme référent sans se pencher sur toutes les situations qui existent et sur tous les
travaux de gens qui réfléchissent au sujet me semble forcément réducteur.
Nathalie: Ma fille est issue de 2 couples homos et a une maman et un papa. Comment
peuvent être perçus les co-parents par elle et par son entourage ?
Chaque cas est profondément individuel. Certaines personnes ont réfléchi sur la façon
dont cela pouvait être travaillé avec les parents. Par exemple avec l'école, par
exemple avec les copains et copines
Dans le fait de le dire à certaines personnes et pas à d'autres, je ne sais pas comment
votre enfant le vit mais une chose me semble sûre : c'est quelque chose à aborder avec
lui.
jo: Y a-t-il des chiffres à l'appui concernant des statistiques établies sur la
sexualité des enfants élevés par deux parents du même sexe?
Les premières études se centraient essentiellement sur deux questions : est ce que les
enfants élevés par des homosexuels étaient plus souvent soumis à des abus sexuels, et
est ce qu'ils étaient plus souvent homosexuels.
Pour la première question, des travaux très importants et très fiables montrent que les
homosexuels ne sont pas plus abuseurs que les autres. Faire le lien entre pédophilie et
homosexualité est un raccourci grotesque.
Quant à savoir s'ils sont plus souvent homosexuels, il faudrait bien sûr faire des
études au long cours et étudier des enfants devenus adultes. Quelques études de ce type
existent, notamment une au Royaume-Uni, qui montre qu'il n'y a pas de différence
significative en ce qui concerne l'orientation sexuelle entre les enfants élevés par des
parents homos et hétéros.
Jungle: Etes-vous favorable à l'adoption pour les couples homos ?
Ce n'est pas à moi d'y être ou non favorable. C'est à la société de poser des choix
politiques en se basant sur la chose la mieux partagée du monde, le bon sens et sur les
travaux des gens sérieux qui réfléchissent.
Donc de mon étude il ressort que les enfants que j'ai étudié ne sont pas plus mal que
les autres. A partir de là, il me semble que le choix de reconnaître ou non l'adoption
aux homosexuels est plus une question politique et de reconnaissance de l'homosexuel et de
la famille homosexuelle.
hardcoresman: Langue de bois !
La langue de bois serait de substituer un discours de spécialiste à de réels choix de
société. Mon avis personnel, en tant que citoyen, et j'en ai un, n'est pas, je pense, ce
qui vous intéresse.
Ce qui est important, c'est que chacun se fasse une idée en regardant ce que les
spécialistes ont travaillé.
Modérateur: A-t-on le droit d'interdire le bonheur à des enfants (orphelins) sous
prétexte qu'il faille attendre des résultats d'études à long terme ?
Non, on n'a pas le droit d'interdire le bonheur à des enfants, qu'ils soient orphelins ou
autre et je suis d'accord avec vous si vous dites qu'il faut trouver des solutions le plus
rapidement possible, et les meilleures pour lenfant. Lhomoparentalité ne me
semble pas en soi être une situation à repousser d'emblée.
hardcoresman: Moi je veux pas adopter si je risque de rendre malheureux le gosse, c'est
à vous de nous dire si l'enfant risque plus d'être gay et donc de plus souffrir ...
Est ce que c'est votre homosexualité qui est réellement en cause dans le fait que vous
puissiez rendre cet enfant malheureux ?
Ce que je peux vous dire, c'est que mon étude montre qu'une population de 58 enfants en
France n'est pas malheureuse. Je pense que des parents qui font un projet d'enfant ont
forcément des questionnements et des inquiétudes. Il ne me semble pas que ces parents se
polarisent sur ces inquiétudes.
alex: Est ce que Stephane Nadaud trouve que 58 enfants c'est suffisant pour une étude
de ce type?
Cette question m'a souvent été posée. On a souvent tendance à dire que pour qu'une
étude soit valide, il faut que l'échantillon soit important, c'est vrai.
Mais ici nous n'avons pas cherché à créer un groupe représentatif de la population
homoparentale, pour la bonne et simple raison que cette population homoparentale n'est pas
bien connue.
A partir de là, au niveau statistique, pour tirer des conclusion sur une population, 58
enfants sont suffisants.
hardcoresman: Je vois mal des gens se présenté pour participer à cette étude si les
gosses sont malheureux......
Les résultats parlent d'une population. Il y a sur ces 58 enfants (l'étude est anonyme)
des enfants en difficulté. Le taux est proche de celui de la population générale.
Modérateur : Est-ce que les parents n'ont pas eu tendance à embellir leur réalité ?
Des parents qui répondent à des questionnaires concernant leur enfant, on peut toujours
dire qu'ils montrent leur enfant sous le meilleur jour possible. Ceci dit, on peut
également se dire que les parents homosexuels peuvent être inquiets (voir les questions
de hardcoresman), et du coup faire plus attention à tel ou tel comportement qui
montrerait des difficultés de l'enfant.
Un des résultats de l'étude est que plus de 40% des enfants étudiés bénéficient d'un
suivi (orthophoniste, psychologue etc) alors que les résultats de notre étude montre
qu'ils ne diffèrent pas fondamentalement des autres enfants.
Les parents sont donc peut-être effectivement plus inquiets et ont tendance a faire plus
attention aux problèmes de leur enfant. On pourrait donc penser qu'ils ont embelli les
choses, ou au contraire qu'ils ont été plus sévères.
Modérateur : Nous sentons beaucoup d'inquiétude et de frilosité par rapport à
l'adoption dans vos questions....
Vous avez peut-être l'impression, en lisant mes réponses, que je prends beaucoup de
gants et que je me cache derrière la rigueur scientifique.
Personnellement, je me bats, pas pour l'homoparentalité, mais contre les absurdités qui
sont dites sur le sujet. L'étude que j'ai faite est une étude pour une thèse de
médecine, donc forcément compliquée et difficile à lire pour quelqu'un qui n'y
connaît rien en statistiques et en psychiatrie.
Je n'ai pas envie de faire dire à ce travail ce qu'il ne dit pas. Ce serait pour moi agir
exactement comme ceux qui parlent de façon passionnée.
Fabienne: Quelle spécialité médicale?
La pédopsychiatrie, c'est à dire la psychiatrie pour les enfants. Un autre problème,
c'est de confondre les problèmes liés à l'homoparentalité et les problèmes liés à
l'homosexualité.
La société a une vue sur l'homosexualité bien particulière, et qui évolue, et
l'homoparentalité arrive dans ce mouvement là. Le fait que des parents homosexuels
veuillent ou puissent devenir parents semble pour beaucoup ne pas aller de soi.
Certains américains parlent d' "homophobie internalisée", c'est à dire qu'un
individu ne peut pas en même temps avoir une identité de parent et une identité
d'homosexuel. Les raisons sont vastes, et notamment les choix de société sur ce qu'est
être parent, et sur ce qu'est être homosexuel.
hardcoresman: Il ne peut y avoir de "bonne homoparentalité" si
l'homosexualité n'est pas accepté et nous serons aptes à bien élever que si on est
bien dans notre peau. Et on ne sera bien dans notre peau que quand nous seront acceptés
par tous...
Je suis tout a fait d'accord avec vous quand vous dites que les deux sont liés. Ceci dit,
si dans ma réflexion je les sépare, c'est pour pouvoir réfléchir correctement au
sujet.
Le fait même d'utiliser le terme d'homoparentalité au singulier n'a pas beaucoup de
sens. Peut-on vraiment comparer des enfants nés dans un milieu hétéro et secondairement
élevés par leurs parents devenus homos a des enfants adoptés par un homosexuel ou issu
d'une insémination ?
Il faut arrêter d'être généraliste et tenter de bien cerner tous les tenants et les
aboutissants de l'homoparentalité, ceci pour se battre contre le préjugé de
l'homoparentalité.
Carolanne: Que devient le schéma freudien dans l'homoparentalité ???
C'est une bonne question. Ce sera difficile d'y répondre rapidement. Force est de
remarquer que les psychanalystes n'ont pas toujours été tendre avec les homosexuels et
avec les homoparents.
Je pense que c'est réducteur de réduire le schéma freudien à la famille
papa-maman-enfants. Son propos et celui de bon nombre d'autres qui l'ont suivi était
probablement beaucoup plus vaste que ça. Il ne faut pas faire dire à la psychanalyse ce
qu'elle ne dit pas, même si ce sont des psychanalystes qui le disent.
Samuel: Ben je ne sais pas si quelquun va lire ce que j écris, mais en étant
gay et ouvert d'esprit je reste quand même sceptique sur la question de l'adoption
d'enfant par des parents du même sexe.
hardcoresman: En bref, votre thèse ne nous enfonce pas mais ne nous aide pas pour
autant...
Ma thèse montre qu'il ne faut pas être définitif en disant que l'homoparentalité est
mauvaise pour les enfants mais comme je le disais plus haut, les travaux scientifiques ne
doivent pas, quitte à ce qu'on me taxe encore de langue de bois, remplacer les choix
éthiques et les choix politiques.
Sinon, c'est du scientisme. Les travaux scientifiques sont là pour guider les choix et le
fait de dire que l'on peut être sceptique face à certaines choses (est ce que c'est bien
ou pas de marquer dans la loi que les homosexuels ont le droit d'adopter) et sur d'autres
choses (l'homoparentalité ne semble pas, dans beaucoup d'études, et y compris la mienne,
un facteur de risque pour les enfants) me semble déjà être une grande qualité
et
un des grands intérêts de mon travail.
Fabienne: Stéphane on trouve que tu te couvres trop mais on t'adore.. :-))))
Mon but n'est pas de me couvrir. Mon but est de faire que ce travail soit utilisable et
soit utilisé correctement. Je pourrais vous donner mon avis personnel sur
l'homoparentalité, mais c'est mon avis personnel.
hardcoresman: Et l'amour dans tout ça il est où ? A quelle page de votre thèse ?
L'amour est à la page 1 de ma thèse : aux personnes a qui j'ai dédicacé ma thèse !
:-)
Fabienne: Dolto m'avait donné son avis en public, et je l'avais trouvé très
courageuse !
Je serais curieux de connaître son avis !
Fabienne: Je l'avais vu a un colloque avant sa mort et j'étais dans un projet d'enfant
de couple homo elle m'a dit la question n'est pas la sexualité des parents mais la façon
dont ils la vivent et le secret qu'il peut y avoir autour....
Je trouve que c'est une très belle réponse et que c'est une des données essentielles.
Je crois effectivement que l'amour, pour répondre a hardcoresman, est central dans cette
question.
Le problème est que quand on parle de l'amour, vous avez toujours quelqu'un pour vous
opposer la haine à la façon d'un scientifique, au moins le temps d'une thèse, j'ai
essayé d'être au delà de ça.
samuel: ayant été adopté, je sais que la différence est très dure a vivre quand
on est petit. alors M Nadaud ne pensez vous pas que "ouvrir" l'adoption aux
homosexuels est certes un grand pas de reconnaissance social pour nous, mais que l'enfant
risque de mal vivre en plus du fait d'avoir été adopté, le fait de vivre avec des gens
du même sexe?
Le fait d'être adopté amène probablement des difficultés supplémentaires. Le fait
d'être élevé par des parents de même sexe amène aussi probablement des difficultés
supplémentaires, mais si le parent qui adopte le fait dans de bonnes conditions, je pense
que l'enfant est capable d'être aussi heureux qu'un autre, qu'il soit élevé par des
parents de même sexe ou de sexe opposé.
Carolanne: quand pourrons nous lire cette thèse ?
C'est effectivement dans mon travail que vous aurez le mieux ma position et mon avis en
tant que chercheur sur la question. Je tente d'éditer ce travail dans un livre grand
public, qui j'espère va se faire.
S'il ne se fait pas, de toute façon, la thèse sera consultable sur le Net. Je rencontre
un éditeur cette semaine... :-)
Je trouve très bien que les gens aient envie de lire le travail. Lorsque je l'ai fait à
l'origine, je pensais faire une thèse qui serait lue par peu de gens, comme toutes les
thèses. L'article dans Le Monde et le sujet montrent le contraire.
Il me faut un temps d'adaptation pour que je puisse diffuser tout ça correctement. Ceci
explique peut-être ma prudence.
J'aime bien l'expérience de ce chat, c'est assez extraordinaire de pouvoir parler en
direct avec tout un chacun.
Si vous le souhaitez vous pouvez m'écrire à snadaud@ooups.net
Fabienne: moi j ai une petite fille de douze ans a qui je raconterai ce chat elle va
bien !
Probablement que les réponses aux questions qu'on se pose sur l'homoparentalité se
situent à la croisée de cette remarque de Fabienne, d'études comme la mienne et de
réflexions théoriques.