Compte-rendu du chat avec Stéphane Nadaud, pédopsychiatre, auteur d'une thèse sur l'homoparentalité par la rédaction pour le réseau Gay.com
Chat du 14 novembre 2000 sur www.gay.com

Fabien: Monsieur Nadaud, qui êtes-vous ?

Je suis médecin psychiatre spécialisé dans la psychiatrie de l'enfant. Ma thèse de doctorat porte sur les enfants élevés par des parents de même sexe. J'ai 31 ans depuis quelques jours.

Tugdual: Bon je me dévoue pour poser la question, êtes-vous gay vous même ?

La question m'a déjà été posée par des journalistes. J'ai comme ligne de conduite de ne pas parler de mon orientation sexuelle, quelle qu'elle soit, parce que ce travail se veut objectif et donc que ce que je suis en général, mis à part psychiatre, ne devrait pas rentrer en ligne de compte.

Jungle: Avez vous eu des difficultés à écrire cette thèse?

Ca dépend ce qu'on entend par difficultés. Le professeur Bouvard, de l'université de Bordeaux II, a d'emblée bien accueilli l'idée de ce travail. L'APGL (Association des Parents et Futurs Parents Gays et Lesbiens), quoique très prudente au début, a rapidement été convaincue par l'aspect scientifique et sans préjugé de ce que je leur proposais.

youplaboum: D'où vous est venu l'idée de votre thèse ?

Du constat d'une sorte de paradoxe : dans les pays étrangers (Etats-Unis, Belgique, Hollande, Angleterre), le nombre d'études sur les enfants élevés par les couples de même sexe commence a être conséquent, et en France il n'y en avait pas une seule.

A côté de ça, le nombre d'intellectuels de tous horizons qui se sont penchés sur le problème est très important. Il me semblait qu'il y avait une brèche à remplir.

Jungle: Combien de familles se sont prêtées au jeu ?

Il s'agit d'une étude avec des critères précis pour y participer. Mon étude comporte 58 enfants correspondant à une quarantaine de parents. Mais nous avions des critères d'inclusion qui étaient que l'enfant devait être à la garde légale de son parent homosexuel et vivre la plupart du temps avec lui.

Nous n'avons donc pas inclus les enfants de parents homosexuels qui ne vivaient pas principalement chez eux. Le fait de mettre des critères un peu plus précis diminue notre échantillon mais garantit qu'il est plus cohérent et les conclusions qu'on peut tirer de l'étude en sont d'autant plus utilisables.

youplaboum: Est-ce vraiment la 1ere thèse en France sur le sujet ?

C'est la première thèse de médecine en France sur le sujet. C'est la première étude de ce type en France, par contre il y a eu d'autres travaux faits par des sociologues, des juristes, des anthropologues, dont certains dans le cadre de travaux universitaires comme des thèses.

Jungle: Pensez-vous que le programme de psycho étudie assez le cas des homos? (outre qu'en psycho patho)? :0)

"Psycho" est un terme un peu vaste. Il s'agit de quoi ? Psychiatrie, psychologie, psychanalyse ? Il me semble qu'avec leurs spécificités, chaque matière tente de comprendre les "spécificités" des homosexuels.

Quant à savoir si les programmes en parlent assez ou pas, la question serait plutôt de savoir si ils en parlent correctement ou pas. En ce qui me concerne, en psychiatrie, l'homosexualité ayant été enlevée de la classification internationale des maladies, depuis il n'y a pas si longtemps que ça, la psychiatrie n'a pas vraiment de raison d'en parler en tant que tel.

Marcus: Y-a t'il déjà une portée politique à votre travail? (consultation par des députés, par exemple)

La médiatisation de ce travail s'est en fait plus fait sur l'article écrit dans Le Monde que sur le fond de la thèse elle-même, que très peu de gens ont lu. A partir de là, beaucoup de gens s'en sont emparés, tout autant des gens favorables à l'homoparentalité que des gens fondamentalement hostiles.

Avec même des réactions extrêmement violentes voire insultantes de l'association de Christine Boutin, qui, sans avoir lu le travail, le critique sur son aspect scientifique et partisan.

Modérateur : Etes-vous sollicités par les médias depuis la publication de l'étude, on vous voit rarement (jamais ?) à la télé ? - Pourquoi avez-vous accepté ce chat ?

Les demandes ont été très nombreuses, notamment la "sacro-sainte" télé. Je tiens à présenter et à défendre mon travail dans un cadre qui le permette. Ainsi, les débats polémiques et voyeuristes en face, par exemple, de gens passionnés et haineux, ne serviraient pas l’aspect scientifique.

La raison pour laquelle j'ai accepté ce chat tient en sa durée. Je pense qu'en une heure il est tout a fait possible d'expliquer ma démarche et mes résultats.

Marc : Ou peut-on trouver votre thèse ? sur le net ?

Non, pas pour l"instant. Parce que de cette thèse va probablement sortir un livre grand public et un article spécialisé va paraître dans une revue de psychiatrie présentant l'étude de manière scientifique. Après ces deux publications, je pense la mettre d'une manière ou d'une autre sur Internet.

Christian et Marc: pères de cinq enfants, nous nous demandons si la vérité doit être dite aux enfants et à partir de quel âge?

Un axe de réponse dans les résultats de mon étude : plus de 90% des enfants étudiés sont au courant de l'homosexualité de leurs parents et celle-ci a été explicitement dite.

Des travaux, américains notamment, sur l'annonce de son homosexualité à ses enfants semblent être en faveur d'une annonce précoce. Il semblerait que l'adolescence soit la période la plus difficile pour l'annoncer.

Je pense que toute tentative de verbalisation ne peut être que positive. Elle peut éventuellement être accompagnée par d'autres personnes, professionnels ou non.

Jungle: Les conclusions de votre thèse montrent elles un développement normal de l'enfant élevé par un couple homo?

Tout d'abord, l'étude porte sur 58 enfants, donc tout ce que l'on peut tirer de cette thèse porte sur ces 58 enfants.

Ceci dit cette étude n'est pas la seule, elle vient à la suite d'un grand nombre qui arrivent aux mêmes conclusions que moi.

Dans notre population, nous avons fait passer ce que l'on peut appeler des tests qui visent à explorer, à regarder les comportements et les façons d'être des enfants.

Ces échelles sont validées scientifiquement et utilisées dans beaucoup de travaux étudiant les enfants, elles nous permettent de connaître ces comportements, et éventuellement de les comparer à ceux de la population des enfants en général.

Soyons clairs : nous n'avons pas fait une étude comparative. Nous nous sommes basés sur des chiffres déjà connus pour la population générale. Une des conclusions de cette étude est que ces enfants ne diffèrent pas fondamentalement de tous les enfants. Quant a savoir si ils sont "normaux", c'est une autre question.

danyche: Ne pensez-vous pas que quand même, il manque quelque chose à ces enfants? Regardez les enfants de divorcés qui pour certains sont perturbés...

Si on peut réfléchir en terme de manque, on peut aussi réfléchir en terme de plus. La comparaison avec les enfants de divorcés est souvent faite. On compare même souvent les enfants élevés en milieu homoparental avec les enfants élevés en milieu monoparental.

Ceci dit, certaines études montrent que ces enfants étant dans des situations familiales compliquées ne s'en sortent pas si mal que ça et peuvent même retourner la situation en faisant preuve de capacités d'adaptation plus importantes.

Quant a savoir si il faut un père et une mère pour le bon équilibre de l'enfant, il faut être bien clair : pour faire un enfant, jusqu'a nouvel "ordre" , il faut du sperme et un ovule. Par contre, élever un enfant, s'en occuper, en prendre soin, ou même le désirer dans le cadre d'un projet peut être l'affaire d'un homme, d'une femme, de deux hommes, de deux femmes, d'un homme et d'une femme, voire même de plus de deux personnes.

Confondre homoparentalité avec le fait de ne pas être élevé par un homme et une femme n'a pas de sens. Je vous cite par exemple le cas de la co-parentalité, ou un gay et une lesbienne décident ensemble de concevoir et d'élever un enfant, chacun s'en occupant. Cet enfant a bien un père et une mère, et pourtant son père et sa mère sont homosexuels.

 

Modérateur :Que pensez-vous des propos de Renaud Muselier et du problème du référent qu'il soulève ? - Comment les enfants peuvent-ils trouver un équilibre sans père ou sans mère ?

On met sous la notion de référent tout un tas de choses. Pendant longtemps, par exemple, on a pensé que l'enfant tout petit ne pouvait avoir pour référent exclusif qu'une femme. Certains travaux, certes controversés, expriment l'idée qu'un bébé, même tout petit, a plus besoin d'un référent, c'est à dire de quelqu’un de constant, que d'un homme et d'une femme.

Quant aux enfants élevés dans un cadre homoparental, peut-être que ce qui est important, c'est que l'enfant soit désiré. C'est que les soins qui lui sont amenés soient adaptés, c'est que l'image que ses parents, quels qu'ils soient, aient de lui soit cohérente. Et c'est que cet enfant puisse repérer des adultes comme étant suffisamment structurants.

La référence au masculin et au féminin peut probablement être trouvée dans le cadre parental, dans un champ plus vaste, ce que les Américains appellent "the wider environnement". Peut-être même qu'un homme peut tout a fait présenter des caractéristiques féminines dont l'enfant va pouvoir s'emparer, et de même pour la femme.

Quoi qu'il en soit, ce que j'essaye de vous dire, c'est que poser un dogme et appeler ce dogme référent sans se pencher sur toutes les situations qui existent et sur tous les travaux de gens qui réfléchissent au sujet me semble forcément réducteur.

Nathalie: Ma fille est issue de 2 couples homos et a une maman et un papa. Comment peuvent être perçus les co-parents par elle et par son entourage ?

Chaque cas est profondément individuel. Certaines personnes ont réfléchi sur la façon dont cela pouvait être travaillé avec les parents. Par exemple avec l'école, par exemple avec les copains et copines…

Dans le fait de le dire à certaines personnes et pas à d'autres, je ne sais pas comment votre enfant le vit mais une chose me semble sûre : c'est quelque chose à aborder avec lui.

jo: Y a-t-il des chiffres à l'appui concernant des statistiques établies sur la sexualité des enfants élevés par deux parents du même sexe?

Les premières études se centraient essentiellement sur deux questions : est ce que les enfants élevés par des homosexuels étaient plus souvent soumis à des abus sexuels, et est ce qu'ils étaient plus souvent homosexuels.

Pour la première question, des travaux très importants et très fiables montrent que les homosexuels ne sont pas plus abuseurs que les autres. Faire le lien entre pédophilie et homosexualité est un raccourci grotesque.

Quant à savoir s'ils sont plus souvent homosexuels, il faudrait bien sûr faire des études au long cours et étudier des enfants devenus adultes. Quelques études de ce type existent, notamment une au Royaume-Uni, qui montre qu'il n'y a pas de différence significative en ce qui concerne l'orientation sexuelle entre les enfants élevés par des parents homos et hétéros.

Jungle: Etes-vous favorable à l'adoption pour les couples homos ?

Ce n'est pas à moi d'y être ou non favorable. C'est à la société de poser des choix politiques en se basant sur la chose la mieux partagée du monde, le bon sens et sur les travaux des gens sérieux qui réfléchissent.

Donc de mon étude il ressort que les enfants que j'ai étudié ne sont pas plus mal que les autres. A partir de là, il me semble que le choix de reconnaître ou non l'adoption aux homosexuels est plus une question politique et de reconnaissance de l'homosexuel et de la famille homosexuelle.

hardcoresman: Langue de bois !

La langue de bois serait de substituer un discours de spécialiste à de réels choix de société. Mon avis personnel, en tant que citoyen, et j'en ai un, n'est pas, je pense, ce qui vous intéresse.

Ce qui est important, c'est que chacun se fasse une idée en regardant ce que les spécialistes ont travaillé.

Modérateur: A-t-on le droit d'interdire le bonheur à des enfants (orphelins) sous prétexte qu'il faille attendre des résultats d'études à long terme ?

Non, on n'a pas le droit d'interdire le bonheur à des enfants, qu'ils soient orphelins ou autre et je suis d'accord avec vous si vous dites qu'il faut trouver des solutions le plus rapidement possible, et les meilleures pour l’enfant. L’homoparentalité ne me semble pas en soi être une situation à repousser d'emblée.

hardcoresman: Moi je veux pas adopter si je risque de rendre malheureux le gosse, c'est à vous de nous dire si l'enfant risque plus d'être gay et donc de plus souffrir ...

Est ce que c'est votre homosexualité qui est réellement en cause dans le fait que vous puissiez rendre cet enfant malheureux ?

Ce que je peux vous dire, c'est que mon étude montre qu'une population de 58 enfants en France n'est pas malheureuse. Je pense que des parents qui font un projet d'enfant ont forcément des questionnements et des inquiétudes. Il ne me semble pas que ces parents se polarisent sur ces inquiétudes.

alex: Est ce que Stephane Nadaud trouve que 58 enfants c'est suffisant pour une étude de ce type?

Cette question m'a souvent été posée. On a souvent tendance à dire que pour qu'une étude soit valide, il faut que l'échantillon soit important, c'est vrai.

Mais ici nous n'avons pas cherché à créer un groupe représentatif de la population homoparentale, pour la bonne et simple raison que cette population homoparentale n'est pas bien connue.

A partir de là, au niveau statistique, pour tirer des conclusion sur une population, 58 enfants sont suffisants.

hardcoresman: Je vois mal des gens se présenté pour participer à cette étude si les gosses sont malheureux......

Les résultats parlent d'une population. Il y a sur ces 58 enfants (l'étude est anonyme) des enfants en difficulté. Le taux est proche de celui de la population générale.

Modérateur : Est-ce que les parents n'ont pas eu tendance à embellir leur réalité ?

Des parents qui répondent à des questionnaires concernant leur enfant, on peut toujours dire qu'ils montrent leur enfant sous le meilleur jour possible. Ceci dit, on peut également se dire que les parents homosexuels peuvent être inquiets (voir les questions de hardcoresman), et du coup faire plus attention à tel ou tel comportement qui montrerait des difficultés de l'enfant.

Un des résultats de l'étude est que plus de 40% des enfants étudiés bénéficient d'un suivi (orthophoniste, psychologue etc) alors que les résultats de notre étude montre qu'ils ne diffèrent pas fondamentalement des autres enfants.

Les parents sont donc peut-être effectivement plus inquiets et ont tendance a faire plus attention aux problèmes de leur enfant. On pourrait donc penser qu'ils ont embelli les choses, ou au contraire qu'ils ont été plus sévères.

Modérateur : Nous sentons beaucoup d'inquiétude et de frilosité par rapport à l'adoption dans vos questions....

Vous avez peut-être l'impression, en lisant mes réponses, que je prends beaucoup de gants et que je me cache derrière la rigueur scientifique.

Personnellement, je me bats, pas pour l'homoparentalité, mais contre les absurdités qui sont dites sur le sujet. L'étude que j'ai faite est une étude pour une thèse de médecine, donc forcément compliquée et difficile à lire pour quelqu'un qui n'y connaît rien en statistiques et en psychiatrie.

Je n'ai pas envie de faire dire à ce travail ce qu'il ne dit pas. Ce serait pour moi agir exactement comme ceux qui parlent de façon passionnée.

Fabienne: Quelle spécialité médicale?

La pédopsychiatrie, c'est à dire la psychiatrie pour les enfants. Un autre problème, c'est de confondre les problèmes liés à l'homoparentalité et les problèmes liés à l'homosexualité.

La société a une vue sur l'homosexualité bien particulière, et qui évolue, et l'homoparentalité arrive dans ce mouvement là. Le fait que des parents homosexuels veuillent ou puissent devenir parents semble pour beaucoup ne pas aller de soi.

Certains américains parlent d' "homophobie internalisée", c'est à dire qu'un individu ne peut pas en même temps avoir une identité de parent et une identité d'homosexuel. Les raisons sont vastes, et notamment les choix de société sur ce qu'est être parent, et sur ce qu'est être homosexuel.

hardcoresman: Il ne peut y avoir de "bonne homoparentalité" si l'homosexualité n'est pas accepté et nous serons aptes à bien élever que si on est bien dans notre peau. Et on ne sera bien dans notre peau que quand nous seront acceptés par tous...

Je suis tout a fait d'accord avec vous quand vous dites que les deux sont liés. Ceci dit, si dans ma réflexion je les sépare, c'est pour pouvoir réfléchir correctement au sujet.

Le fait même d'utiliser le terme d'homoparentalité au singulier n'a pas beaucoup de sens. Peut-on vraiment comparer des enfants nés dans un milieu hétéro et secondairement élevés par leurs parents devenus homos a des enfants adoptés par un homosexuel ou issu d'une insémination ?

Il faut arrêter d'être généraliste et tenter de bien cerner tous les tenants et les aboutissants de l'homoparentalité, ceci pour se battre contre le préjugé de l'homoparentalité.

Carolanne: Que devient le schéma freudien dans l'homoparentalité ???

C'est une bonne question. Ce sera difficile d'y répondre rapidement. Force est de remarquer que les psychanalystes n'ont pas toujours été tendre avec les homosexuels et avec les homoparents.

Je pense que c'est réducteur de réduire le schéma freudien à la famille papa-maman-enfants. Son propos et celui de bon nombre d'autres qui l'ont suivi était probablement beaucoup plus vaste que ça. Il ne faut pas faire dire à la psychanalyse ce qu'elle ne dit pas, même si ce sont des psychanalystes qui le disent.

 

Samuel: Ben je ne sais pas si quelqu’un va lire ce que j écris, mais en étant gay et ouvert d'esprit je reste quand même sceptique sur la question de l'adoption d'enfant par des parents du même sexe.

hardcoresman: En bref, votre thèse ne nous enfonce pas mais ne nous aide pas pour autant...

Ma thèse montre qu'il ne faut pas être définitif en disant que l'homoparentalité est mauvaise pour les enfants mais comme je le disais plus haut, les travaux scientifiques ne doivent pas, quitte à ce qu'on me taxe encore de langue de bois, remplacer les choix éthiques et les choix politiques.

Sinon, c'est du scientisme. Les travaux scientifiques sont là pour guider les choix et le fait de dire que l'on peut être sceptique face à certaines choses (est ce que c'est bien ou pas de marquer dans la loi que les homosexuels ont le droit d'adopter) et sur d'autres choses (l'homoparentalité ne semble pas, dans beaucoup d'études, et y compris la mienne, un facteur de risque pour les enfants) me semble déjà être une grande qualité…et un des grands intérêts de mon travail.

Fabienne: Stéphane on trouve que tu te couvres trop mais on t'adore.. :-))))

Mon but n'est pas de me couvrir. Mon but est de faire que ce travail soit utilisable et soit utilisé correctement. Je pourrais vous donner mon avis personnel sur l'homoparentalité, mais c'est mon avis personnel.

hardcoresman: Et l'amour dans tout ça il est où ? A quelle page de votre thèse ?

L'amour est à la page 1 de ma thèse : aux personnes a qui j'ai dédicacé ma thèse ! :-)

Fabienne: Dolto m'avait donné son avis en public, et je l'avais trouvé très courageuse !

Je serais curieux de connaître son avis !

Fabienne: Je l'avais vu a un colloque avant sa mort et j'étais dans un projet d'enfant de couple homo elle m'a dit la question n'est pas la sexualité des parents mais la façon dont ils la vivent et le secret qu'il peut y avoir autour....

Je trouve que c'est une très belle réponse et que c'est une des données essentielles. Je crois effectivement que l'amour, pour répondre a hardcoresman, est central dans cette question.

Le problème est que quand on parle de l'amour, vous avez toujours quelqu'un pour vous opposer la haine à la façon d'un scientifique, au moins le temps d'une thèse, j'ai essayé d'être au delà de ça.

samuel: ayant été adopté, je sais que la différence est très dure a vivre quand on est petit. alors M Nadaud ne pensez vous pas que "ouvrir" l'adoption aux homosexuels est certes un grand pas de reconnaissance social pour nous, mais que l'enfant risque de mal vivre en plus du fait d'avoir été adopté, le fait de vivre avec des gens du même sexe?

Le fait d'être adopté amène probablement des difficultés supplémentaires. Le fait d'être élevé par des parents de même sexe amène aussi probablement des difficultés supplémentaires, mais si le parent qui adopte le fait dans de bonnes conditions, je pense que l'enfant est capable d'être aussi heureux qu'un autre, qu'il soit élevé par des parents de même sexe ou de sexe opposé.

Carolanne: quand pourrons nous lire cette thèse ?

C'est effectivement dans mon travail que vous aurez le mieux ma position et mon avis en tant que chercheur sur la question. Je tente d'éditer ce travail dans un livre grand public, qui j'espère va se faire.

S'il ne se fait pas, de toute façon, la thèse sera consultable sur le Net. Je rencontre un éditeur cette semaine... :-)

Je trouve très bien que les gens aient envie de lire le travail. Lorsque je l'ai fait à l'origine, je pensais faire une thèse qui serait lue par peu de gens, comme toutes les thèses. L'article dans Le Monde et le sujet montrent le contraire.

Il me faut un temps d'adaptation pour que je puisse diffuser tout ça correctement. Ceci explique peut-être ma prudence.

J'aime bien l'expérience de ce chat, c'est assez extraordinaire de pouvoir parler en direct avec tout un chacun.

Si vous le souhaitez vous pouvez m'écrire à snadaud@ooups.net

Fabienne: moi j ai une petite fille de douze ans a qui je raconterai ce chat elle va bien !

Probablement que les réponses aux questions qu'on se pose sur l'homoparentalité se situent à la croisée de cette remarque de Fabienne, d'études comme la mienne et de réflexions théoriques.