Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens 


LE DROIT D'ETRE PARENT POUR TOUS.
par Fraga Tomazi.

CULTURE ET MOUVEMENTS
Avril 2000

A regarder le nombre de livres concernant la "bonne façon" d'être parent et les articles des magazines et journaux qui se penchent sur cette question, on dirait qu'en ce début de siècle la parentalité est un sujet majeur de société. Et pourtant, il y a des femmes et des hommes à qui on refuse ce "désir d'enfant" au nom surtout d'une atteinte "l'ordre symbolique, universel et immuable, qui est en fait un ordre social à un certain moment d'une société. Le psychiatre et ethnologue Roger Teboul, dans sa contribution à l'ouvrage Devenir parent en l'an 2000 (1), dit fort judicieusement que "le siège de la grossesse ne se situe pas dans le ventre mais bien dans la tête ", qu'il illustre avec le mythe de la naissance d'Athéna. Il raconte aussi comment chez les Arandas d'Australie, devenir parent, c'est d'abord en rêver. D'ailleurs nombreuses sont les observations ethnographiques où l'ordre symbolique n'est pas le même que celui de notre société occidentale.

Au fond, la discrimination faite aux homosexuel(le)s est dans la droite ligne de celle infligée à toute minorité. Pourtant être parent c'est accueillir affectivement l'enfant, être responsable de son devenir à tout point de vue. Dans le compte rendu du colloque Parents et différences des sexes (2), nous relations les discours savants. Mais il aurait peut-être fallu y relater quelques propos de femmes et hommes dans la salle, empêchés d'être parents que ce soit par adoption ou insémination artificielle. On préfère laisser souffrir les enfants maltraités ou privés d'affection dans les institutions de la D.D.A.S.S !

Un document récent de l'Association des Parents Gais et Lesbiens (3) met en avant leurs justes revendications : ne pas imposer des restrictions aux parents potentiels en raison de leur orientation sexuelle et qu'on tienne compte, en premier lieu, d'un projet parental cohérent et de l'engagement des personnes, que l'on distingue la filiation biologique de la filiation légale et sociale. Quant aux craintes concernant le développement de l'enfant, les troubles de l'identité et de pathologies graves, des études réalisées en Grande Bretagne et aux Etats-Unis démontrent que les enfants élevés en famille homoparentales ne présentent ni plus ni moins de troubles que ceux élevés dans des familles classiques.

Ne pas discriminer et marginaliser des femmes et des hommes ne serait-ce pas l'obligation d'une société démocratique ? Ne devrait-on pas au moins en débattre ouvertement et surtout sans préjugés ?

Fraga Tomazi.

(1) - Devenir parent en l'an 2000, Collectif sous la direction de Catherine Bergeret-Amselek, Desclée de Brouwer, 1999.
(2) - Voir CULTURES en mouvement, n°22, novembre 1999.
(3) - A demander à l'APGL c/o CGL : 3 rue Keller, 75011 Paris, Tél 01 46 97 69 15

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