Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens
Les parents homosexuels demandent une
reconnaissance publique
PARIS, le 19 novembre (Agence France Presse) - Par Fabien NOVIAL
Les parents homosexuels, qui ont déposé cette semaine une demande d'adhésion à l'Union nationale des associations familiales (UNAF), espèrent une reconnaissance de leur existence, multiple et complexe, qui concerne déjà plusieurs centaines d'enfants.
Dans la demande d'adhésion, Martine Gross, présidente de l'Association des parents et futurs parents gais et lesbiens (APGL), qui regroupe plus de mille membres, autant à Paris qu'en province, explique que l'UNAF "a su faire preuve d'une conception évolutive de la famille chaque fois motivée par un respect de la pluralité".
"Nous souhaitons qu'une association familiale comme la nôtre puisse coexister aux côtés des autres", écrit Mme Gross. Parmi les missions de l'UNAF, insiste-t-elle, figure celle "de représenter officiellement, auprès des pouvoirs publics, l'ensemble des familles".
Mme Gross présente une famille "homoparentale" comme "toute situation familiale comprenant au moins un adulte homosexuel".
Selon un sondage de 1997, rappelle le dossier de l'APGL, 7% des gays
ont des
enfants, comme 11% des lesbiennes, qui peuvent avoir recours à une insémination avec
tiers donneur en Belgique ou aux Pays-Bas. En outre, 45% des lesbiennes et 36% des gays
souhaitent fonder une famille.
Les familles recomposées, avec un beau-parent de même sexe, regroupaient le gros des bataillons à la création de l'APGL en 1986. Le parent homosexuel se heurte souvent à des restrictions en matière d'attribution d'autorité parentale ou droits de visite.
"Co-parentalité"
Aujourd'hui, la majorité des membres de l'association sont des gays et des lesbiennes qui inventent un modèle inédit: "la co-parentalité". Exemple: le responsable de l'APGL-Normandie partage sa vie avec un autre homme. Il est le papa d'une fillette qu'il a eue avec une amie lesbienne, qui vit avec sa compagne.
"Nous avons très longtemps réfléchi à ce projet, et avons rédigé, avant la naissance, une charte pour nous préparer à toutes les questions éventuelles", explique Eric Verdier. A tâtons, ces familles "inventent des nouveaux modes de parentalité".
Pour l'APGL, la co-parentalité se définit par "la présence auprès du ou des parents légaux, d'un partenaire se conduisant vis-à-vis des enfants comme un parent et prêt à s'engager comme tel si un dispositif légal le permettait".
L'UNAF, où siègent notamment Familles rurales (majoritaire) et Familles de
France, examinera le dossier en commission paritaire mais n'a pas souhaité réagir.
A première vue, l'APGL semble remplir les conditions d'adhésion à l'UNAF. Elle cite, dans son dossier, le Code de la famille qui stipule qu'une association familiale regroupe, outre des familles constituées par le mariage, "toutes personnes physiques ayant soit la charge légale d'enfants par filiation ou adoption, soit exerçant l'autorité parentale ou la tutelle d'un ou plusieurs enfants dont elles ont la charge effective et permanente".
Mais pour la vice-présidente de Familles de France, "les homosexuels sont des êtres en souffrance qui aspirent à la normalité". "Ce n'est pas pour autant que l'aspiration à la parentalité doit être satisfaite", estime Dominique Marcilhacy. D'après elle, les enfants concernés risquent d'être "peu frais psychologiquement".
"Cela ne nous apparaît pas la situation idéale", estime pour sa part Jean-Yves Martin, directeur adjoint de Familles rurales. Mais il reconnaît que "les parents homosexuels doivent être respectés et accompagnés dans leurs responsabilités".