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1er juin 2000

Adoption par des homos : le vrai-faux débat

par Jacqueline REMY
© L'Express

Comment peut-on vouloir interdire ce que la loi n'autorise pas ?

A quoi jouent les 175 députés et sénateurs qui ont, à ce jour, signé la pétition des parlementaires « contre l'adoption d'un enfant par deux personnes de même sexe liées par un Pacs ? » Comment peut-on demander l'interdiction de ce qui n'est pas permis ? A l'heure actuelle, seuls des célibataires ou, beaucoup plus fréquemment, des couples mariés - donc hétérosexuels - peuvent se voir agréer par les services sociaux, après enquête et entretien avec un psy. Il arrive que, parmi ces rares célibataires autorisés à adopter un enfant, on rencontre une lesbienne ou, encore moins fréquemment, un gay. Ils sont autorisés à prendre en charge un enfant, à titre individuel, comme n'importe quel célibataire - qu'ils aient ou non des relations amoureuses par ailleurs : d'où la décision du tribunal administratif de Besançon, qui a cassé le refus notifié par le conseil général du Doubs à une institutrice sous prétexte qu'elle vivait avec une autre femme. 

« Depuis la nuit des temps, les enfants sont faits par des hommes et des femmes. » Arrimé à ce truisme, Renaud Muselier, député RPR des Bouches-du-Rhône, à l'origine de l'appel des parlementaires, pourrait logiquement réclamer l'interdiction de l'adoption par les célibataires. Mais il s'apprête à déposer une proposition de loi demandant qu'on refuse l'adoption aux couples du même sexe liés par un Pacs. Or ces couples sont aujourd'hui écartés par le règlement comme tous les concubins pacsés ou non. En réalité, les parlementaires sont motivés par une arrière-pensée : à terme, la Cour européenne pourrait juger discriminatoire que les hétéros pacsés ne soient pas, comme les gens mariés, autorisés à adopter. En ce cas, comment introduire une nouvelle discrimination, cette fois entre pacsés homos et hétéros ?

Jacqueline REMY

 


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