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3 juin 2000
Ces couples homosexuels qui veulent être parents
Le bébé de Brigitte et Nathalie
De vraies souffrances pour les enfants
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Ces couples
homosexuels qui veulent être parents Les couples homosexuels, déjà reconnus socialement à travers le pacte civil de solidarité (Pacs), sont en passe de bousculer également les règles traditionnelles de la filiation, en se jouant des quelques garde-fous juridiques existants. Ils sont ainsi de plus en plus nombreux à adopter des enfants, voire à recourir à la procréation médicalement assistée. Si le Pacs n'autorise pas, en théorie, l'adoption et encore moins l'insémination artificielle, les couples homosexuels peuvent, par des procédés détournés, devenir parents et constituer ainsi une " famille "nouvelle. Ainsi, de nombreux homosexuels ont recours à l'adoption, qui est autorisée en France pour les célibataires. Ils se contentent alors de ne pas préciser leur préférence sexuelle. L'autre moyen de constituer une " famille " passe par l'insémination artificielle. La loi française n'ouvre cette possibilité qu'à des couples " composés d'un homme et d'une femme ". Mais la Belgique accepte les célibataires. Aussi de nombreuses françaises homosexuelles désirant fonder un foyer font-elles appel aux praticiens beiges. Ce que confirme, par exemple, le professeur Yvon Englert, 45 ans, chef de clinique à l'hôpital Erasme (Bruxelles). Il dit accorder son agrément à près de 80 % des couples homosexuels qui font une demande d'insémination. Reste que de nombreux psychanalystes, tel Tony Anatrella, mettent en garde contre les graves dangers que de telles familles artificielles font courir à leurs enfants et à leur équilibre. FILIATION : ils contournent la législation française sur l'adoption et ont recours aux pratiques médicales à l'étranger. Ces couples homosexuels qui deviennent parents " Il n'y aura pas d'adoption homosexuelle par le Pacs ", promettaient ses artisans au gouvernement. De fait, le texte voté ne dit mot sur ce qui était pourtant l'une des revendications majeures de la communauté gay. Mais parfois le chemin le plus court d'un point à un autre est le zigzag. L'adoption, elle, n'est pas interdite aux célibataires, ont bien repéré les candidats à la parentalité " new look ". Ni l'insémination artificielle, d'ailleurs, dans certains pays. Et puis, une chose en amenant une autre, et le désir d'enfant n'ayant pas de frontière, on finit par lire dans les journaux spécialisés " Couple gay. la belle quarantaine, domicilié en région parisienne, cherche jeune femme célibataire pour partager projet de coparentalité. " Même si les textes législatifs feignent de les ignorer, les faits sont têtus : de plus en plus de couples homosexuels cherchent à accéder aujourd'hui au statut de parents. Si une large majorité d'entre eux ont déjà des enfants issus d'une première union hétérosexuelle, d'autres ont recours désormais à l'adoption, mais aussi aux inséminations artificielles, voire aux mères porteuses. Pas en France, où ces deux derniers expédients ne sont autorisés qu'à des couples " composés d'un homme et d'une femme ". Mais la Belgique, par exemple, n'a rien contre les célibataires en mal de grossesse médicalement assistée. Les aventuriers de la parentalité triomphent. " Ça se mérite d'être des parents de même sexe, s'exclame Eric Garnier, le vice-président de l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL). Le législateur, lui, à la remorque de cette vague imprévue qui s'est engouffrée dans les brèches ouvertes dans les esprits par le Pacs, en est réduit à tenter d'interdire ce que les textes n'autorisent pas. A l'appel du député RPR des Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier, 175 parlementaires de droite s'escriment ainsi depuis quelques semaines à rendre illégale " l'adoption d'un enfant par deux personnes de même sexe liées par le Pacs ". Un vrai-faux débat, consécutif à l'inédite décision du tribunal administratif de Besançon qui a estimé le 25 février dernier qu'une institutrice célibataire de 38 ans présentait " toutes les garanties pour adopter ", bien qu'elle vive une " relation homosexuelles stable ". Eric Garnier jubile " Le 29 février dernier. par exemple. à Bressuire (Deux-Sèvres), un droit de visite a été accordé à une " seconde mère "homosexuelle qui se séparait de sa compagne dont elle avait élevé les deux petites filles. " Ce n'est pas parce que les " homoparents " représentent encore en France une réalité statistiquement mineure et négligée par les instituts de sondages, qu'ils entendent renoncer à leur revendication: " le droit pour tous d'être parents ". A l'appui de leurs rêves, la relative régression des sentiments homophobes, l'éclatement de la famille traditionnelle, les récents progrès de la science. Eric Garnier enfonce le clou : " Les hétérosexuels nous prenaient pour des être frivoles, irresponsables, dangereux pour les enfants. Et les homosexuels nous accusaient de vouloir singer les hétérosexuels pour mieux nous fondre dans la masse. Si nous sommes aujourd'hui considérés comme des gens complètement normaux, pourquoi ne pourrions-nous pas accéder, comme tout être humain équilibré, à la fondation d'une famille? " Depuis la fin des années 70, les psychologues et les psychiatres américains ont consacré plus de 200 études aux familles homoparentales. " Nous avons une bonne vingtaine d'années de retard sur les Anglo-Saxons, remarque Eric Dubreuil, président de l'APGL et auteur Des parents de même sexe (1). Selon les conclusions de ces spécialistes synthétisées par Charlotte Patterson de l'Université de Virginie, rien n'indique que les enfants élevés par des homosexuels deviennent dans des proportions significatives homosexuels, ou qu'ils souffrent de troubles du comportement. " Une affirmation qui reste à démontrer. Auditionnée en 1999 par le Sénat au sujet du Pacs et par le groupe de travail Droit de la famille présidé par Françoise Dekeuwer-Defossez, l'AGPL a réaffirmé haut et fort son désir que les homosexuels soient traités comme tout le monde. A l'époque, les avocats du Pacs avaient préféré jeter un voile pudique sur cette revendication. Aujourd'hui, les " homoparents " constatent avec satisfaction que la loi ne peut rien interdire. A-M. R. et V. de V. (1) Editions Odile Jacob, 1998.
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Le bébé de
Brigitte et Nathalie La chambre du bébé est meublée. La valise pour la
maternité bouclée. Les faire-part de naissance prêts à être envoyés. Brigitte, 37
ans, est sur le point d'accoucher. |
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De vraies
souffrances pour les enfants LE FIGARO. - Le Pacs reconnaissant la notion de couple homosexuel, l'adoption étant autorisée aux célibataires, il semble que la parentalité homosexuelle ait de beaux jours devant elle... Tony ANATRELLA. - Les faits sont en train de donner raison i aux critiques faites au Pacs: la relation homosexuelle, qu'il ne i s'agit pas de condamner ou de rejeter, est en train de passer de la sphère privée à la sphère sociale. Même si le Pacs ne l'a pas prévu, il crée les conditions objectives du " mariage ", de l'adoption, voire des manipulations biologiques, pour des personnes du même sexe. il laisse entendre que les relations homosexuelles sont équivalentes aux relations de couple homme-femme, alors que ce sont des relations de nature totalement opposée puisque les relations homosexuelles sont infécondes. Le FIGARO. - Quels sont les risques pour l'enfant d'un couple homosexuel ? Tony ANATRELLA - Le problème est avant tout social : on laisse supposer que l'homosexualité peut être normative, que chacun a accès a tous les droits, y compris celui d'être parent. Or la parenté n'est pas un droit, elle comporte surtout des devoirs. En acceptant la dictature idéologique actuelle qui est la négation de la différence des sexes, la société se fait manipuler et repose sur un mensonge. L'enfant conçu dans ces conditions a été instrumentalisé dès sa conception, il provient du désir de posséder de deux personnes qui ont un énorme besoin de reconnaissance sociale. Il ne sera pas reconnu pour lui-même, mais pour caler le narcissisme de deux adultes en mal de "normalisation ". Sur le plan moral, il est grave que la société soit complice de ce processus. L'enfant qui grandit dans cette incohérence - dans la mesure où il ne peut s'identifier au pouvoir procréateur des parents, du couple homme-femme souffrira à l'adolescence. Il évolue non dans un couple au sens structurant du terme, mais dans un compagnonnage de deux personnes qui lui laissent entendre qu'on n'a pas besoin de l'autre sexe. D'où, plus tard, des troubles de la filiation, une grande difficulté à intérioriser sa bisexualité psychique, à sortir de l'inceste, avec le risque de s'enfermer dans l'autosuffisance, l'insécurité affective et son cortège de violence. Le FIGARO - Des enfants issus de couples divorcés auraient peut-être préféré des parents de même sexe vivant dans l'harmonie à un foyer dont le père et la mère se déchirent Tony ANATRELLA - Mais ça n'est pas le surinvestissement affectif des adultes qui pourra compenser le manque de différenciation à la base. Il est moins question de sentiments que de structure relationnelle où l'enfant pourra se développer psychologiquement. La double figure parentale est indispensable pour qu'il puisse éveiller et organiser sa bisexualité, sa capacité d'instaurer en lui le dialogue entre les deux sexes. Dans une famille hétérosexuelle, le garçon va intégrer l'image de sa mère et confronter à sa masculinité, et vice versa pour la fille. Le rôle du père est de permettre à l'enfant de se différencier de la mère. Je ne vois pas comment cette opération pourra se réaliser dans un couple homosexuel qui est la négation de l'altérité. Dans ce cas de figure, on est en pleine désincarnation, on nage dans le virtuel, dans le jeu de rôle, dans la relation magique : la fabrication de la chair sans se voir ni se toucher risque de se retourner contre la société. (1) Dernier ouvrage: La Différence interdite, Flammarion. |
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" Pourquoi j'aide ces femmes
à enfanter " Le Figaro. - Pourquoi aidez-vous les femmes homosexuelles françaises à avoir des enfants? Professeur Yvon ENGLERT. - Parce que vos lois de 1994, contrairement aux nôtres, interdisent la procréation artificielle aux célibataires. L'exception belge peut sembler paradoxale lorsque l'on sait que notre pays est plus catholique que le vôtre. J'ai longtemps été contre l'idée que des homosexuels, hommes ou femmes, puissent construire une famille. Un jour, pourtant, c'était il y a vingt ans, un couple de jeunes femmes en désir d'enfants est venu chercher de l'aide dans mon service, m'a obligé à réfléchir aux arguments avancés pour refuser ce type de demande, à prendre position. La vraie question, la seule légitime, est de savoir ce que l'on peut présumer de l'avenir de ces enfants et, à partir de là. de décider, en tant que médecin, si participer ou non au projet de ces femmes respecte les règles de déontologie, de prudence et de diligence. Le Figaro - Comment prenez-vous vos décisions? Professeur Yvon Englert - Je rencontre d'abord personnellement tous les couples homosexuels en désir d'enfant, puis je les confie à des psychologues chargés d'évaluer en deux temps chaque requête et de refuser celles qui comportent une accumulation de facteurs à risque pour le bébé à naître. En recourant à la clause de conscience plutôt qu'au jugement moral, nous accordons notre agrément à près de 80 % des couples homosexuels. Le Figaro - Recevez-vous beaucoup de patientes françaises? Professeur Yvon Englert - Enormément. Jusqu'à il y a trois ans, on n'accueillait pas plus de 5 ou 6 Françaises par an. Depuis 1997, nous en voyons en moyenne 5 par semaine. Bien que notre équipe comporte 6 spécialistes de l'infertilité, nous sommes complètement débordés par notre "succès " et les délais d'attente atteignent parfois six mois. Je suis sûr que, si nous avions plus de lits, nous verrions défiler encore plus de femmes. Le Figaro - Combien coûte une lAD (insémination avec donneur)? Professeur Yvon Englert - Comme certaines femmes peuvent avoir plus de difficultés que d'autres à tomber enceintes, nous demandons à tout le monde de verser 3 200 francs dans un pot commun pour permettre à chacune de tenter sa chance autant de fois qu'elle le désirera. Il faut compter ensuite 110 francs par consultation. Propos recueillis par A-M. Re. |
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Le manque de père Jonathan et Lisa ont été adoptés par une mère
qui vit en couple avec une femme. Léa, 47 ans, vit en couple depuis 14 ans avec
Paula, 50 ans, divorcée et mère de deux filles âgées de 24 et 22 ans. Outre sa
relation amoureuse avec Paula, Léa avait un " très fort désir de fonder une
famille " et de transmettre son nom à ses enfants. Sa décision prise, elle opte
pour l'adoption. |
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Ce que la loi permet Voici le cadre légal régissant la parenté en France:
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A RETENIR
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