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Le modèle
PME (papa, maman, enfants) et
l'«homoparentalité»
Le lundi 25 juin 2001
Les militants gays et
lesbiens luttent pour que soit reconnu un autre type de
famille. Par SIBYLLE VINCENDON
Martine Gross, coprésidente de
l'Association des parents gays et lesbiens (APGL), présente son
combat d'un austère slogan: «Inscrire les familles homoparentales
dans la réalité juridique et sociale.» C'est sans fantaisie.
Mais efficace: pour défendre l'homoparentalité, l'APGL a fait le
choix de ne pas réfléchir seulement sur cette forme de famille.
«Le droit doit s'adresser à tout le monde, dit-elle. Et la
réflexion que l'on mène à APGL est une réflexion de fond sur les
trois volets de la filiation, biologique, juridique et social.»
Ces derniers mois montrent que cette stratégie est la bonne.
L'APGL vient d'obtenir le soutien de Ségolène Royal, ministre
déléguée à la Famille, pour faire partie de l'Union nationale des
associations familiales. Certes, l'Unaf défend plutôt le modèle de
la famille dite PME (papa, maman, enfants), «mais c'est important
d'y être pour faire entendre la pluralité des familles», dit
Martine Gross. Réponse le 30 juin.
De la même manière, l'APGL a joué plutôt habilement sur le
dossier de l'adoption. Alors que le député RPR Renaud Muselier
lançait une pétition contre l'adoption par les homosexuels, pour
laquelle il revendique 100 000 signatures, l'APGL se gardait bien de
pétitionner sur le thème exactement inverse. Le texte qu'elle fait
actuellement signer se borne à demander l'application du droit:
l'adoption est permise pour les célibataires et aucune loi ne permet
de refuser l'agrément pour cause d'homosexualité. A la veille de la
Gay Pride, l'APGL avait enregistré plus de 3000 signatures; elle a
doublé la mise samedi, engrangeant au passage les paraphes de Robert
Hue et de Noël Mamère sur le pavé parisien.
Mais cette stratégie tranquille n'est pas non plus celle de la
dissimulation. L'association défend clairement les parents et
«futurs parents» homos. Elle dit aussi que si, avant, ses
membres étaient surtout des divorcés ou séparés, parents dans le
cadre hétérosexuel, aujourd'hui, la tendance s'est inversée: la
majorité des 1400 membres «sont parents dans un contexte purement
homo».
Or, pour tous, la loi sur l'autorité parentale, dont la première
lecture vient de s'achever à l'Assemblée, offre un grand intérêt.
Elle favorise, dans les séparations, tous les accords pensés d'abord
en fonction de l'intérêt de l'enfant. Ce qui colle très bien avec
les situations de coparentalité où un homme et une femme se sont mis
d'accord pour faire un enfant sans créer un couple. La loi introduit
aussi une délégation d'autorité parentale, début de statut pour le
beau-parent. Ce qui intéresse là encore les partenaires de ces
parents homos.
Mais pour Alain Piriou, secrétaire de la commission politique de
la Gay Pride, ces dispositifs ne bénéficieront aux homos que si, au
cours du débat, il est «dit nettement que ces dispositions
s'appliquent sans discrimination». Autrement dit,
l'homoparentalité ne veut pas entrer dans la loi seulement par la
petite porte des dispositions techniques mais aussi par la grande
porte des principes
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