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Les Pays-Bas épousent le mariage gay
La loi permettrait l'adoption d'enfant par des couples homosexuels.

Par SOPHIE PERRIER
Le mercredi 13 septembre 2000


Amsterdam de notre correspondante

une large majorité (109 voix pour, 33 contre), la Chambre des députés néerlandaise a adopté hier une loi qui ouvre le mariage aux homosexuels. Les Pays-Bas, qui disposaient déjà depuis janvier 1999 du «partenariat» (sorte de Pacs), devraient ainsi devenir le premier pays au monde où les homosexuels pourront se marier. «Nous sommes très heureux et très fiers de vivre dans un pays aussi tolérant et libéral. Je crois qu'une majorité de Néerlandais partagent ce sentiment de fierté», commente Henk Krol, directeur du Gay Krant. Selon un récent sondage, 62 % des Néerlandais ne voient pas d'objection au fait que les homosexuels puissent, eux aussi, s'épouser. A la Chambre, seul le Parti chrétien-démocrate (à l'exception de trois membres) et les partis politiques protestants orthodoxes ont voté contre la nouvelle loi.

Catégories abolies. Pour tous les homosexuels du pays, le vote d'hier est la dernière étape d'une longue lutte pour l'égalité des couples hétéros et homos: «Il est capital que l'on ne pense plus en termes de catégories. Il n'y a qu'une sorte d'être humain», commente Janna Van der Wildt, qui vit avec son amie depuis dix ans. Janna a conclu un partenariat avec Paulij dès que cela a été possible, en janvier 1999. Le partenariat lui donne les mêmes droits que le mariage. Pour cette raison, les deux femmes, qui ont 53 et 56 ans, n'ont pas l'intention de se marier. «Pas une nouvelle fois!» commente Paulij. Depuis l'entrée en vigueur du partenariat, 8 000 couples en ont fait usage: 3 000 couples d'hommes, autant de femmes et 2 000 couples d'hétérosexuels.

Mais, pour beaucoup, la valeur symbolique du mariage reste inégalée. D'ailleurs, contrairement au partenariat, le mariage ne peut être dissous que par un juge. C'est un engagement plus ferme, qui attirera les plus romantiques: «Des vœux de partenariat ou une nuit de partenariat n'ont pas le même poids que des vœux de mariage ou une nuit de noces!» résume Henk Krol. La quarantaine, Moniek Van der Kroef, qui vit depuis douze ans avec son amie, a déjà pris la décision de se marier, «pour montrer au monde entier que nous avons une relation extraordinaire». Un sondage récent révèle que la moitié des homosexuels déjà liés par le partenariat veulent se marier. Pour eux, la procédure est simplifiée et gratuite. Il suffira que les deux partenaires se rendent à la mairie et signent un nouveau contrat. Le mariage est aussi un plus pour ceux qui veulent adopter des enfants, comme pour les quelque 20 000 couples homosexuels qui en élèvent déjà aux Pays-Bas.

Elever et adopter. Le partenariat ne leur donnait aucun droit en la matière. En revanche, un couple homosexuel marié aura le droit d'adopter un enfant, à l'exception d'enfants venus de l'étranger. D'autre part, dans un couple homosexuel qui élève l'enfant de l'un des deux partenaires, l'autre pourra adopter l'enfant et obtenir ainsi l'autorité parentale. Jusqu'à présent, ce n'était pas possible. Moniek, par exemple, a eu un fils alors qu'elle avait une relation avec son amie. Jamais son amie n'a pu avoir l'autorité parentale: «C'était très douloureux pour elle. Elle élevait mon fils comme moi, mais n'avait aucun droit de décision en ce qui concerne l'école ou une opération à l'hôpital. Et si je décédais, mes parents pouvaient lui retirer l'enfant.»

Si le Sénat confirme le vote des députés, la nouvelle loi devrait entrer en vigueur dans le courant de l'année 2001.

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