Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens 



27 octobre 2000

L´Association des parents gays et lesbiens frappe à la porte de l´UNAF

FORTE de ses 1 100 adhérents, l´Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) s´apprête à déposer une demande d´adhésion à l´Union nationale des associations familiales (UNAF), qui fédère la quasi-totalité des associations familiales françaises et les représente auprès des pouvoirs publics.

Le code de la famille et de l´aide sociale, dans son article premier, définit les associations familiales comme des associations loi 1901 qui regroupent « des familles constituées par le mariage et la filiation légitime ou adoptive », « des couples mariés sans enfant », mais aussi « toute personne physique soit ayant charge légale d´enfants par filiation ou adoption, soit exerçant l´autorité parentale ou la tutelle sur un ou plusieurs enfants dont elles ont la charge effective et permanente ». C´est sur la base de cette définition que la commission d´agrément et d´arbitrage de l´UNAF devra évaluer la validité de la demande de l´APGL, qui souhaite, en intégrant l´UNAF, « inscrire dans la réalité juridique et sociale les familles homoparentales ».

« Nous sommes des parents soucieux de nos enfants, plaide Martine Gross, coprésidente de l´APGL, mère de deux enfants qu´elle élève avec sa compagne. Il n´y a pas de raison que nous restions à la porte des associations familiales, que notre petite voix ne soit pas entendue. L´UNAF est censée représenter toutes les familles devant l´Etat. » Lors d´un entretien accordé à l´APGL, en avril, Hubert Brin, le président de l´UNAF, à laquelle adhèrent notamment Familles de France et les Associations familiales catholiques, n´a pas caché que la candidature de l´APGL avait fort peu de chances d´être acceptée par les associations adhérentes.

« Hubert Brin nous a dit, très ennuyé, que notre candidature serait repoussée, mais que, sur le fond, il ne voyait pas ce qu´il pouvait nous opposer », témoigne Martine Gross. Après cet entretien, l´APGL a dû patienter trois mois avant de recevoir la liste des pièces à joindre au dossier d´adhésion. Le président de l´UNAF ne souhaite pas, aujourd´hui, évoquer la candidature de l´APGL, mais on précise au service de presse de l´UNAF que, au-delà de l´adhésion, il faut, pour siéger au conseil d´administration, « être présent dans vingt départements et compter 2 000 adhérents »…

Dans le cas où l´UNAF rejetterait la demande d´adhésion de l´APGL, cette dernière sollicitera l´intervention du ministre délégué à la famille et à l´enfance, comme prévu à l´article 13 du code de la famille. Pour Ségolène Royal, néanmoins, « l´adhésion à l´UNAF relève de l´UNAF ». La ministre ne peut imaginer « aller à l´encontre des délibérations de cette association, dont l´avis compte pour le gouvernement ». Si Ségolène Royal ne leur prête pas main-forte, les familles homoparentales sont décidées à porter l´affaire devant le Conseil d´Etat.

P. Kremer
Le Monde daté du samedi 28 octobre 2000

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