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www.psychonet.fr/
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Parents homos, mal-être ado ? Pas si sûr...
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Si le Pacs a permis aux couples homosexuels d’être reconnus, on a encore du mal à envisager que ceux-ci puissent être parents. N’avoir «que» 2 papas ou 2 mamans dérange. Pourtant, d’après les statistiques, 11 % des lesbiennes et 7 % des gays auraient des enfants. Comment ceux-ci peuvent-ils trouver leurs marques dans la cellule familiale? Et comment en particulier les ados vivent-ils cette situation, dans un moment de leur vie où leur sexualité se développe et le besoin de ressembler aux autres est le plus fort ? En France, psychologues et sociologues commencent à se pencher sur la question. Et font voler en éclat certains a priori. Démonstration…
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Une nécessité de transparence
Assumer ses choix d’adulte et sa sexualité, c’est essentiel pour le bon développement psychologique de ses enfants. Le mystère, le non-dit, peuvent être porteurs de troubles graves. «Si les choses sont présentées clairement à l’enfant, il n’y a pas de problème à l’intérieur de la cellule familiale. Il ne faut pas maintenir l’enfant dans le secret, ce serait, dans ce cas, négatif pour son épanouissement», confirme Frédéric Jésu, pédopsychiatre et médecin.
Des ados (presque) comme les autres !
Avoir des parents différents, ça ne veut pas dire être soi-même différent. Sophie, 15 ans, vit avec son père et l’ami de celui-ci et a «l’impression d’avoir une vie comme tout le monde !». Stéphane Nadaud, pédopsychiatre, qui a consacré sa thèse aux familles homoparentales tire la même conclusion : «Cette population est cliniquement non pathologique », affirme-t-il. Le plus dur peut-être, c’est de supporter le regard des autres. Sophie n’a pas su tout de suite dit à ses amies que son père était gay. « J’ai attendu de bien les connaître avant de leur dire. Forcément, on se méfie ! Au collège, la grosse insulte, c’est «sale pédé». J’avais peur de leur réaction». F. Jésu reconnaît cette homophobie, mais reste optimiste « Ce qui trouble surtout l’enfant, c’est de vivre au sien d’un couple qui n’est pas reconnu par la société. Il y aura, de toutes façons, une reconnaissance progressive des couples homosexuels».
Et la sexualité dans tout ça ?
Avoir un parent homosexuel ne veut pas dire qu’on le deviendra. Sophie en est convaincue « L’homosexualité, c’est pas une maladie, c’est pas génétique. Mon père est homo, mais moi, j’aime les garçons !». Pas de mimétisme, à condition toutefois que les parents ne dénigrent pas l’autre sexe. « Dans le cas de parents homosexuels, l’enfant va d’abord se poser des questions sur les orientations sexuelles de son père ou de sa mère», explique F. Jésu «Quant à son orientation personnelle, elle est déjà construite bien avant l’adolescence. Ses propres origines, quoiqu’il en soit, viennent du rapport entre un homme et une femme. Une confusion naîtra si l’enfant qui vit dans un couple homo est privé de ces sources de référence et d’information.».
Sandra Rude
(Juin 2001)
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Enfants
d’homos, enfants normaux !
Interview d’Eric Dubreuil, Président
de l’Association des Parents Gays et Lesbiens (APGL). |
Quelle est la vocation de l’APGL ?
Le but de l’APGL est d’inscrire l’homoparentalité dans la réalité
sociale et juridique. Il faut arriver à faire comprendre que ça existe déjà,
et que les enfants y trouvent leur compte. D’un point de vue juridique,
c’est inscrire dans la loi un accès égal à l’adoption, à l’insémination
et éviter la discrimination en cas de divorce. Nous ne revendiquons pas
le droit à l’enfant mais l’égal accès aux institutions.
Vous militez pour le droit des parents, mais que faites-vous pour leurs
enfants ?
Nous travaillons actuellement à la création d’un livret de l’enfant,
pour qu’il sache qui sont ses parents biologiques, dans le cas d’un
don de sperme par exemple, mais aussi qui sont ses parents juridiques. Il
est imporant que l’enfant puisse retrouver ses origines, qu’il ne soit
pas dénié, gommé. Par ailleurs, nous organisons aussi des week ends,
les « 400 coups » qui permettent aux enfants d’homosexuels de se
rencontrer et de discuter. Ca leur permet de constater qu’ils ne sont
pas seuls au monde. A l’avenir, nous envisageons aussi de créer une
structure d’écoute, un club d’échange et de parole pour les enfants.
Pourquoi pas une Association des Enfants de Parents Gays et Lesbiens ?
Ces enfants vivent dans des structures familiales particulières.
Quelles difficultés rencontrent-ils selon vous ?
Je vois trois principaux problèmes. Le plus gros, c’est sans doute au
sein même de leur famille : les non-dits sont particulièrement
handicapants dans le développement psychologique de l’enfant. C’est
le cas dans toutes les familles cela étant ! La deuxième, c’est
d’arriver à les prémunir contre l’homophobie régnante. A l’école,
ils peuvent retrouver les blocages de la société. Enfin, un enfant peut
expérimenter le besoin d’un parent d’un autre sexe qu’il n’a pas.
Il ne faut pas nier le problème et il est essentiel de savoir écouter la
parole de l’enfant, tout en sachant lui dire toutefois aussi : ta vie
est là, elle est ainsi.
Propos recueillis par Sandra Rude
(Juin 2001)
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EN SAVOIR PLUS
Livres et études
- Des parents de même sexe, Eric Dubreuil, éd. Odile Jacob (1998).
- La différence interdite, Tony Anatrella, éd. Flammarion.
- La vie en famille homoparentale, François de Singly et Virginie Descoutures, CNRS (1993).
- Petit guide bibliographique à l’usage des familles homoparentales et des autres, APGL.
Pour les enfants
- Je ne suis pas une fille à papa, Christophe Honoré, Thierry Magnier(1998).
Sites
- www.apgl.asso.fr: le site de l’Association des Parents Gays et lesbiens
- www.homoparentalite.org: le site de la famille homoparentale
- www.colage.org: site en anglais. Seule oragnisation internationale qui soutient les jeunes ayant des parents gays et lesbiens (USA)
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