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Etude sur les familles adoptives hétéro- et homoparentales

Une étude récemment publiée en Grande-Bretagne montre qu'il n'y a pas de différences entre les enfants adoptés par des familles homoparentales ou hétéroparentales.

La première étude en Grande-Bretagne sur les enfants adoptés par des familles homo- et hétéroparentales
La première étude en Grande-Bretagne sur les enfants adoptés par des familles homo- et hétéroparentales

L'étude, menée par cinq chercheur.e.s (Laura Mellish, Sarah Jennings, Fiona Tasker, Michael Lamb et Susan Golombok), porte sur 130 familles hétéro- et homoparentales dont les enfants ont été adoptés. Parmi les familles étudiées, 41 familles de pères gays, 40 de mères lesbiennes et 49 de parents hétérosexuels. La majorité des enfants avaient entre 4 et 8 ans et avaient été adoptés il y a au moins un an. Les résultats de l'étude sont positifs : se remettant d'une enfance difficile, les enfants adoptés vont bien selon de nombreux critères.

La première étude qui mesure l'impact de la loi ouvrant l'adoption aux couples de même sexe en Grande Bretagne et qui compare les résultats d'enfants adoptés par un couple d'hommes, de femmes ou un couple hétérosexuel

Les couples de même sexe peuvent adopter un enfant en Grande Bretagne depuis 2002. Aujourd'hui environ 60 enfants par an sont adoptés par des couples gays et autant par des couples lesbiens. Cette étude est la première qui mesure l'impact de la loi. De plus, c'est également la première fois qu'une étude compare les enfants adoptés par un couple d'hommes à ceux adoptés par un couple de femmes ou hétérosexuel. Jusqu'à présent, beaucoup d'études des familles homoparentales portaient sur des enfants issus de relations hétérosexuelles antérieures ou de procréation médicalement assistée. Aussi, si les études portant sur les enfants des familles de mères lesbiennes sont plus courantes, celles sur les enfants élevés par des pères gays restent rares.

L'accent était mis sur la qualité de la relation parent-enfant, le bien-être des parents et le développement psychologique des enfants. Les résultats de l'étude sont positifs : les enfants adoptés vont bien

Les chercheures ont observé des familles adoptives homoparentales et hétéroparentales, en Grande-Bretagne, dans lesquelles des enfants grandissent depuis la petite enfance. L'accent était mis sur la qualité de la relation parent-enfant, le bien-être des parents et le développement psychologique des enfants. "L'objectif était de produire des preuves solides qui peuvent être utilisées pour informer tou.te.s celles et ceux qui travaillent avec des adoptant.e.s gays et lesbiennes et leurs enfants, sur leurs expériences et sur le fonctionnement familial des familles homoparentales". Les résultats permettent ainsi de "rassurer (les dirigeants) et soutenir de futurs développements de placements d'enfants dans des familles gaies et lesbiennes". Les auteures soulignent qu'il y a, en Grande-Bretagne, un déficit de parents d'adoption par rapport au nombre d'enfants adoptables, et que les politiques d'adoption doivent ainsi être "inclusives" vis-à-vis des futurs-parents gays et lesbiens.

Les résultats permettent de rassurer les dirigeants et de soutenir le développement de placements d'enfants dans des familles gaies et lesbiennes

Quelques résultats de l'étude :

  • Bien-être des parents : Généralement les parents avaient des niveaux de problèmes psychologiques et relationnels relativement bas. Cependant, le niveau de problèmes des parents hétérosexuels était légèrement plus important que pour les couples de même sexe. Selon les auteures, une explication pourrait être que les parents hétérosexuels ont dû faire face à l'infertilité alors que pour les parents homosexuels l'adoption était souvent le premier choix dans leur projet d'enfant. Comparé à la population générale les parents étudiés allaient bien.

  • Caractéristiques des enfants : Les enfants des différentes types de familles venaient de milieux semblables. Quelques différences ont été perçues entre les enfants placés chez les couples d'hommes et ceux placés chez les familles hétéroparentales : les enfants placés chez des pères gays étaient plus souvent des garçons et généralement plus âgé.e.s.

Les enfants élevés par un couple de même sexe ne couraient pas plus de risque de souffrir d'un trouble psychologique

  • Bien-être des enfants : Les enfants élevés par un couple de même sexe ne couraient pas plus de risque de souffrir d'un trouble psychologique que ceux et celles élevés par des couples de sexe différents. Les chercheures n'ont pas non plus trouvé de différence quant à leur comportement de genre. Les enfants élevés dans des familles hétéroparentales couraient un risque un peu plus élevé d'être hyperactifs.

  • Adaptation des enfants : La majorité des enfants de toutes les familles s'adaptaient à l'école - par rapport à leur ressenti, à leur comportement et à leurs amitiés. Les enfants de familles homoparentales n'avaient pas plus de problèmes à l'école et en relation avec leurs camarades que les autres enfants.

  • Relation parent-enfant : La qualité et les caractéristiques des relations parents-enfants étaient très similaires dans toutes les familles, indépendamment du type de famille. Tous les parents étaient dévoué.e.s à développer de bonnes relations avec leurs enfants, peu importe les difficultés qu'ils et elles pouvaient rencontrer.

Tous les parents étaient dévoué.e.s à développer de bonnes relations avec leurs enfants

  • Vie familiale : Dans la majorité des familles, hétéroparentales et homoparentales, il y avaient un "parent A" qui s'occupait plus que le "parent B" des enfants - le parent A étant plus souvent celle ou celui ayant un travail salarié à temps-partiel. Dans les couples hétéroparentaux le parent A était quasiment toujours la mère.
    Seuls 20% des couples se partageaient de façon égalitaire la garde des enfants. La majorité des parents A et parents B étaient satisfait.e.s avec la façon dont la charge des enfants étaient répartie. Selon les auteures, il semblerait donc que les parents se répartissent les responsabilités de manière plutôt "traditionnelle", indépendamment de leur orientation sexuelle.

Les parents de même sexe étaient plus nombreux à avoir pensé qu'ils ne seraient jamais parents. Beaucoup, surtout les pères gays, avaient dans un premier temps considéré leur orientation sexuelle comme incompatible avec la parentalité

  • Le parcours d'adoption : Les raisons d'adopter étaient complexes et se chevauchaient pour les familles hétéroparentales, gaies et lesbiennes. La raison principale pour toutes les familles était le désir d'être parent et d'aimer et être aimé par un enfant. Pour les couples de même sexe l'adoption avait l'avantage de mettre les deux parents à "pieds d'égalité" par rapport au lien biologique et était vu comme une forme familiale plus simple/directe que la co-parentalité ou les dons d'un tiers. Généralement les parents de même sexe se préoccupaient moins des liens biologiques avec leur enfant que les parents de sexe différents.
    Les parents de même sexe étaient plus nombreux à avoir pensé qu'ils et elles ne seraient jamais parents. Beaucoup, surtout les pères gays, avaient dans un premier temps considéré leur orientation sexuelle comme incompatible avec la parentalité.
    Si la plupart des couples hétérosexuels avaient d'abord essayé d'avoir des enfants par "voie naturelle", l'adoption était au contraire le premier choix pour les couples gays et également pour beaucoup de lesbiennes - dont certaines avaient d'abord tenté l'insémination avec donneur.

L'adoption était le premier choix pour les couples gays et également pour beaucoup de lesbiennes

  • Ouverture dans l'adoption : Les ressentis vis-à-vis des familles de naissance étaient mitigés dans les familles étudiées, indépendamment du type de famille. Ce ressenti était généralement lié au vécu de l'enfant dans sa famille de naissance avant l'adoption. Généralement tous les parents parlaient ouvertement de l'adoption à leurs enfants.

Très peu d'enfants des familles homoparentales étaient victimes de moqueries à cause de leur situation familiale. 

  • Expériences spécifiques des enfants de familles homoparentales : La plupart des parents de familles homoparentales considéraient qu'il était important d'expliquer leur type de famille aux enfants.
    Très peu de ces enfants étaient victimes de moqueries de la part de leurs camarades à cause de leur situation familiale. Selon les parents, les enfants pouvaient rencontrer des défis supplémentaires mais ils et elles étaient bien équipé.e.s pour y faire face. Par ailleurs, ces enfants avait l'avantage de grandir en étant tolérant.e.s avec les autres.

Vous trouverez l'étude (en anglais) dans sa totalité ici.

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