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Les enfants des familles homoparentales en Suède et en France

L'Ambassade de Suède à Paris a organisé, le 26 mars dernier une conférence sur l'homoparentalité en France et en Suède.

Une mère suédoise avec son enfant
Une mère suédoise avec son enfant

L'Ambassade de Suède à Paris a organisé, le 26 mars dernier, une conférence intitulé "Les enfants des familles homoparentales en Suède et en France - précisions des études actuelles". Cette conférence s'inscrivait dans le débat social actuellement en cours en France sur le mariage des couples de même sexe et l'homoparentalité et visait à rendre compte des études objectives ayant été menées sur le développement des enfants en prenant les cas de la Suède, où l'homoparentalité est reconnue depuis dix ans.

L'APGL était présente à côté de collègues d'autres associations LGBT (lesbien, gay, bi, trans). L'ouverture de la conférence était fait par l'Ambassadeur de Suède en France, Gunnar Lund, suivi des interventions de deux chercheur.e.s, un Français et une Suédoise, invité.e.s pour apporter des éclaircissement sur la question de l'homoparentalité en général et les enfants de ces familles homoparentales en particulier. 

Olivier Vecho, Maître de conférences en psychologie du développement à l'Université Paris Ouest - Nanterre La Défense, a présenté son bilan des recherches internationales sur le développement des enfants élevés dans des familles homoparentales, portant sur les années 1972 à 2012 (menée avec B.Schneider jusqu'en 2003 et ensuite réactualisé par O.Vecho)
Son premier constat : les études sur les familles homoparentales sont récentes. Entre 1972 et 2003 il avait recensé environ 330 études (francophones et anglophones), le nombre avait doublé en 2012. Sur le total des 700 études recensées jusqu'en 2012, 70 études de terrain portent sur les enfants. Il a souligné que l'obtention de financements pour ce genre d'études reste difficile ainsi que l'accès à la population.

Les études montrent que les enfants élevés dans des familles homoparentales se développement aussi bien et ne rencontrent pas plus de problèmes

Les études montrent que les enfants élevés dans des familles homoparentales se développement aussi bien que les enfants élevés dans des familles hétéroparentales et ne rencontrent pas plus de problèmes. Vecho a également répondu à un certain nombre de "critiques" qui sont parfois addressées aux études sur les familles homoparentales, notamment par celles et ceux qui s'opposent à la reconnaissance de ces familles. Selon lui, beaucoup de critiques proviennent de personnes qui connaissent mal les études (ou qui ne les ont même jamais lues!).

beaucoup de critiques proviennent de personnes qui connaissent mal les études

Olivier Vecho a également rappelé qu'il participe actuellement, avec Martine Gross, à l'élaboration d'une étude comparative des relations parent-enfants de différents familles hétéro- et homoparentales dont les enfants sont issus d'une PMA ou GPA, dans trois pays européens. (Au sujet d'une étude récente portant sur le développement des enfants voir également l'article du Huffington post)

Une doctorante de l'Université de Linköping, Anna Malmquist, est ensuite intervenue sur la situation de l'homoparentalité en Suède. Elle a commencé par dresser un bilan de l'histoire de l'homosexualité dans le contexte suédois et a rappelé que l'homosexualité était criminalisé en Suède jusqu'en 1944 et a été retiré de la liste des maladies mentales en 1979.
Les couples de même sexe suédois ont eu accès à la reconnaissance de leur cohabitation dès 1988 et à une union civile (partnerskap) en 1995. Ce partenariat ne donnait cependant aucun droit en matière de parentalité. L'adoption a été autorisé pour les couples homosexuels en 2003, même si dans la pratique aucune agence d'adoption en Suède accepte les dossiers de couples de même sexe et qu'uniquement l'adoption de l'enfant du/de la partenaire est possible. La procréation médicalement assisté a été rendue accessible aux couples de femmes en 2005. Le mariage civil des couples de même sexe a été autorisé en mai 2009, l'Eglise nationale (protestante) a par ailleurs autorisé le mariage à l'église quelques mois plus tard.

Selon Malmquist, les questions qui réstent sans réponse en Suède actuellement sont l'accès à la PMA pour les femmes seules, la reconnaissance de la pluriparentalité, la GPA pour les couples hétérosexuels et gays, la stérilisation des personnes trans' (même si des avances ont eu lieu récemment en Suède à ce sujet).

Dans les années 1990, les familles homoparentales en Suède étaient surtout constituées en co-parentalité. Aujourd'hui une majorité de couples homosexuels choisissent au contraire d'avoir des enfants au sein du couple - notamment par la PMA pour les couples de femmes.

L'absence de présomption de parentalité dans le système suédois oblige la mère non-biologique d'accéder au statut de parent par l'adoption

L'étude d'Anna Malmquist sur la "nouvelle génération de familles lesbiennes" montre que ces familles sont majoritairement très bien accueillies par leur entourage, y compris la famille, les ami.e.s et les institutions. Elles estiment que la reconnaissance légale de leurs familles a amené une plus grande tolérance sociale. Néanmoins, certaines mères non-biologiques se sentent parfois exclues des institutions de santé et des familles considèrent que ces institutions manquent d'informations sur les familles homoparentales. Un problème pour les familles lesbiennes est l'absence de présomption de parentalité dans le système suédois qui oblige la mère non-biologique d'accéder au statut de parent par l'adoption, ce qui peut parfois prendre beaucoup de temps. Aussi, dans une région suédoise les couples de femmes paient plus cher pour leur PMA que les couples hétérosexuels et certaines cliniques refusent que les couples de femmes changent de mère biologique après une première naissance.

Selon une représentante de l'Ambassade, celle-ci a fait preuve d'un certain "courage" en organisant cette conférence, vu les controverses dans le débat français sur ce sujet... L'APGL salue cette initiative qui mériterait d'être reproduite pour d'autres pays.

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