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L’une de nos petites filles n'a pas les mêmes droits que ses cousines

Des grand-parents sociaux témoignent de leur relation avec l'une de leurs petites filles avec qui le lien de parenté n'est pas reconnu par la loi. Nous voyons dans ce témoignage que la non-reconnaissance des familles homoparentales n'a des conséquences négatives non pas uniquement pour les parents et les enfants mais également pour le reste de la "famille sociale".

Des grands-parents sociaux témoignent
Des grands-parents sociaux témoignent

Des grand-parents sociaux témoignent de leur relation avec l'une de leurs petites filles avec qui le lien de parenté n'est pas reconnu par la loi. Nous voyons dans ce témoignage que la non-reconnaissance des familles homoparentales n'a des conséquences négatives non pas uniquement pour les parents et les enfants mais également pour le reste de la "famille sociale".

L’une de nos petites filles ne possède pas les mêmes droits que ses cousines.

" Elle arrive en courant et se pend à mon cou s’écriant "Mamiiiie!!", ses grands yeux bleus pétillants de malice et de joie, ses boucles ensoleillées des lumières du Sud. Voilà, Agathe, notre petite merveille, objet d’une certaine crainte. Il faut les voir, nos quatre petites filles courir de bonheur après les cerfs-volants que papi lance dans le ciel de leur enfance. Elles s’aiment et partagent leur bonheur de se retrouver ensemble chez Papi et Mamie. Nous, grands-parents, sommes aux anges, elles égaient nos jours de promesse d’avenir. Quelle joie de les entendre, quand profitant des fêtes de famille elles organisent des spectacles déguisées. Les grands-taties, les grands-tontons, les grands-cousins, enfin toute la famille applaudit d’un seul cœur. Elles sont cousines, entre elles cela ne fait pas l’ombre d’un doute.

Elles sont cousines, entre elles cela ne fait pas l’ombre d’un doute.

Et pourtant l’une de nos petites filles ne possède pas les mêmes droits que ses cousines. La loi, telle qu’elle est aujourd’hui et qui s’applique ne nous reconnaît pas comme les grand-parents d'Agathe (4 ans) et ne la reconnaît pas non plus cousine de nos autres petites filles. Quelle injustice !!! Si nous disparaissons, cette enfant n’a aucun droit sur notre succession contrairement à ses trois autres cousines. Pourtant, ici, dans la famille et dans nos cœurs, aucune différence n’existe entre elles.

La loi ne nous reconnaît pas comme les grand-parents d'Agathe.

Et c’est pour cela que nous sommes révoltés et indignés de voir :

- Que la loi actuelle ne respecte pas les fondements de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui dit que : « Les Nations unies ont proclamé que chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés qui y sont énoncés, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ».

- Que cette même loi n’applique pas la Déclaration des Droits de l’Enfant du 20 novembre 1959 qui énonce en article premier : « L'enfant doit jouir de tous les droits énoncés dans la présente Déclaration. Ces droits doivent être reconnus à tous les enfants sans exception aucune, et sans distinction ou discrimination fondées sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l'origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance, ou sur toute autre situation, que celle-ci s'applique à l'enfant lui-même ou à sa famille »

Notre fille, Anna, qui emplit pleinement son rôle de maman, ne possède aucun droit sur cette enfant

Notre fille, Anna, et sa compagne, Marie, s’aiment et désiraient tant un enfant pour parfaire leur amour. Après maintes réflexions, après avoir franchi un nombre impensable d’obstacles, de découragements, notre belle-fille, Marie, a mis au monde leur enfant, leur bébé : une petite fille. Mais voilà notre fille, Anna, qui emplit pleinement son rôle de maman ne possède aucun droit sur cette enfant, qui, entre ses deux mamans, est si heureuse, si épanouie, si sereine, si joyeuse. Mais le simple fait d’aller la chercher à l’école, ou de la conduire chez le médecin est source de tracas.

Et puis aussi il y a cette épée de Damoclès qui plane sur cette petite fille. Que deviendrait-elle si notre belle-fille, Marie, sa maman biologique, comme on dit, disparaissait… Marie ne désire pas que sa famille, avec qui elle n’entretient plus de lien, prenne en charge sa fille, Agathe et malgré les précautions prises auprès d’un notaire par la compagne de ma fille :
Que feraient les juges envers notre petite-fille ? La placeraient-ils dans une institution, dans une famille d’accueil sans se soucier des liens d’amour qui existent entre cette enfant et notre fille, qu'elle appelle « Maman » ? Et si notre fille venait également à disparaître. Ces juges se soucieraient-ils des liens que nous avons avec cette enfant, s’interrogeraient-ils sur les liens tissés avec le reste de la famille, ses cousines (qui selon la législation ne sont pas ses cousines) nos autres petites filles, leur père notre fils, leur mère notre autre belle-fille, chez qui elle est aussi à l’aise que chez elle et qui pour elle sont « Tonton et Tata » tout simplement.

Que deviendrait-elle si sa maman biologique disparaissait… Que feraient les juges envers notre petite-fille? La placeraient-ils dans une institution, dans une famille d’accueil sans se soucier des liens d’amour qui existent entre cette enfant et notre fille ? Et si notre fille venait également à disparaître ? Ces juges se soucieraient-ils des liens que nous avons avec cette enfant ?

Pour n’importe quel enfant né d’une union hétérosexuelle, (mariage, pacs, concubinage) les juges confieraient l’enfant orphelin au conjoint survivant ou à la famille de l’un des conjoints. Dans l’état actuel de la loi, et si notre petite fille abordait une telle situation de tristesse et de chagrin, il se pourrait qu’elle soit confrontée à l’angoisse supplémentaire d’être arrachée de sa famille à cause d’une loi parfaitement injuste et injustifiée. C’est inhumain !!!

C’est pour toutes ces raisons que nous comptons sur la future loi. Il faut que le législateur pèse toutes les conséquences d’une loi qui ne répondrait pas aux situations actuelles des familles homoparentales. Ce texte doit absolument permettre au parent non biologique de reconnaître l’enfant de son compagnon ou de sa compagne, comme peut le faire un conjoint ou un compagnon dans n’importe quel couple hétérosexuel. Donnons aux familles homoparentales exactement les mêmes droits qu’aux familles hétérosexuelles, et les mêmes droits aux enfants issus de familles homparentales qu’aux enfants issus de familles hétéroparentales.

Donnons aux familles homoparentales exactement les mêmes droits qu’aux familles hétérosexuelles, et les mêmes droits aux enfants issus de familles homparentales qu’aux enfants issus de familles hétéroparentales.

Ma petite fille est bien dans « ses baskets », messieurs et mesdames les psychiatres récalcitrants. Un enfant a besoin d’amour pour s’épanouir, arrêtez vos discours sur l’indispensable besoin d’un père et d’une mère. Combien de femmes seules élèvent un enfant, combien d’enfants de divorcés ne voient plus leur père, sont-ils tous des déséquilibrés pour autant. Notre petite fille est pleine de vie, de joie, de bonheur. Parfaitement intégrée à son école, sociable, prête à partager chaque moment de fête. Et ce sont ses mamans qui lui offrent cet équilibre, cette force, cet amour qui font défaut à bien des enfants issus de familles hétérosexuelles. Donnons-lui les mêmes droits qu’aux autres enfants…. "

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Vos réactions (1)
  • laurent
    Lien vers le commentaire mardi 26 février 2013 14:39 Posté par laurent

    Très beau témoignage qui s'applique également à ma famille......

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