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Le parrainage de proximité, nouvelle forme de lien entre des enfants et des personnes LGBT

Entretien avec Olivier Le Corre, membre du conseil d’administration de l'association Un Enfant Des Parrains, marié et parrain d'Anthony, 11 ans, depuis 3 ans.

Le parrainage de proximité, nouvelle forme de lien entre des enfants et des personnes LGBT
Le parrainage de proximité, nouvelle forme de lien entre des enfants et des personnes LGBT
 Entretien avec Olivier Le Corre, membre du conseil d’administration de l'association Un Enfant Des Parrains, marié et parrain d'Anthony, 11 ans, depuis 3 ans.

APGL : Qu'est-ce que le parrainage de proximité ?
Olivier Le Corre : c’est un lien affectif pour aider un enfant à grandir, être pour lui un nouveau repère.

APGL : Quel est votre chemin vers le parrainage ?
Olivier Le Corre : On est un des seuls couples gays de l'association. J'ai souffert du manque d'enfant. Mon conjoint n'était pas prêt pour l'adoption et, à l'approche des 40 ans, le projet me paraissait tardif. J'ai alors trouvé l'association « Un enfant, des parrains ». La présidente d'alors m'a dit qu'il y avait des demandes pour des couples d'hommes !

APGL : Comment cela se passe pour vous aujourd’hui ?
Olivier Le Corre : Mon mari et moi avons trouvé un épanouissement et un équilibre grâce à Anthony. Il a 11 ans maintenant. Cela fait 3 ans que nous le parrainons et cela nous va très bien. Nous sommes très impliqués dans son éducation. Nous participons aux réunions pédagogiques et nous aidons la maman quand elle n'arrive pas à cadrer Anthony. C'est devenu notre bonhomme. Je suis devenu son parrain de baptême à sa demande. Il a sa chambre. Il est chez lui. Il a ses jouets. On s'occupe d'Anthony 1 week-end sur 2. Ça se passe tellement bien qu'on fait partie de la famille. On accueille même son frère certaines fois. On sera toujours les parrains d'Anthony, même quand il se mariera et aura des enfants.

APGL : D’où vient le parrainage ?
Olivier Le Corre : Dans notre situation, la mère d'Anthony a eu une histoire compliquée avec le père. On a apporté un soutien à la maman. Quand elle a un problème elle peut nous en parler. On devient une figure paternelle pour Anthony. Le choix d’un couple d’hommes est souvent fait pour éviter la rivalité éventuelle avec une autre mère. Cela étant, il existe tous les types de parrainage. Beaucoup de mères seules font parrainer leurs enfants. On trouve aussi des couples isolés qui veulent socialiser leurs enfants. Il n’est jamais question de religion ou de politique.

APGL : Quels est le nombre de familles demandeuses ? le nombre d'enfants ? de parrains et marraines ?
Olivier Le Corre : Nous manquons de parrains et marraines. Dans la région toulousaine, on a une centaine de parrainages en cours, 60 enfants qui attendent des parrains/marraines et un vivier de 5-10 parrains/marraines. Les enfants sont surtout des jeunes placés en foyer, des ados étrangers qui veulent s'intégrer. Il n’y a pas de cas sociaux, seulement des jeunes qui veulent s'intégrer. Si je pouvais, je les parrainerais tous !

APGL : Avez-vous d’autres jolies histoires à raconter ?
Olivier Le Corre : J’ai vu un ado parrainé par un couple ayant un enfant en bas âge. Il a eu un beau rôle de grand frère. Un jeune de 27 ans est venu à une sortie "Jeux en bois". Il y avait la maman d'un enfant de 7 ans. Ils se sont appréciés et le parrainage s'est mis en place quelques semaines après. Des couples se sont mis à parrainer en attendant un enfant à adopter. Des personnes dont les enfants grands ont quitté la maison. Je vois aussi de la solidarité entre les familles. Certaines s’organisent ponctuellement pour du covoiturage, l’aide aux devoirs, la garde, etc.

APGL : Quelles démarches faire pour parrainer ?
Olivier Le Corre : Il vaut mieux commencer par une rencontre organisée par une association. Lors de ces rencontres entre parrains, marraines, enfants et familles demandeuses, nous échangeons sur les motivations, les envies, les freins. Nous jouons avec les enfants. Et nous leur demandons quel est leurs loisirs, leurs sports préférés, leurs envies, etc. Plusieurs types de parrainages sont possibles en fonction de la disponibilité et du projet.
Après, lors des conseils d'administration de l’association, nous décidons de mettre en relation des enfants et des parrains/marraines. Les familles décident alors de se voir durant des périodes déterminées (jours, soirées). Puis nous faisons un bilan avec les parents, l’enfant et les parrains. C'est du feeling, donc ça peut ne pas matcher. Si le bilan est positif, les deux parties signent une convention de parrainage. Le tout accompagné par l’association locale ou une structure du type UDAF.
La convention type dure un an. On fait un bilan au bout d'un an puis les relations peuvent continuer de manière tacite ou elles s’arrêtent parce que l'enfant part ou que les liens se distendent.

APGL : Quelles sont les perspectives pour le parrainage en France ?
Olivier Le Corre : Nous œuvrons au sein de l’UNAPP notamment pour la reconnaissance du parrainage de proximité en France. Nous souhaitons que les associations de parrainage soient de vraies interlocutrices au niveau de l’Etat mais aussi au niveau des organismes locaux comme les conseils départementaux, les CAF et les UDAF ; ceci afin d’obtenir la reconnaissance des parrains comme des tiers dignes de confiance pour les enfants ou jeunes qu’ils parrainent.

Pour se renseigner sur le parrainage et entamer un projet : 

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